| Halte au démantèlement des filières bilingues ! |
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Courrier aux élus d'Alsace, Notre association estime nécessaire d’appeler votre attention sur les nouvelles menaces qui pèsent sur l’enseignement de la langue régionale en Alsace. Le développement de cet enseignement a toujours été difficile, de nombreuses familles intéressées ne pouvant accéder à des classes paritaires et l’Education nationale n’ayant pas pris les mesures nécessaires pour former les enseignants en nombre suffisant, en particulier au niveau secondaire. Aujourd’hui c’est un risque de démantèlement que la nouvelle politique rectorale fait peser sur l’enseignement de la langue régionale. Non seulement un certain nombre de classes bilingues risquent purement et simplement la fermeture, mais le rectorat veut de surcroît abandonner la pédagogie paritaire. Certes, cette nouvelle politique est présentée comme expérimentale, mais il s’agit bien d’une remise en cause d’ensemble. Le rectorat ne semble pas comprendre la logique de la pédagogie paritaire qui ne réside pas dans un enseignement frontal de l’allemand mais dans l’utilisation de cette langue dès la maternelle comme langue des activités scolaires et d’enseignement. Tous les exemples internationaux montrent l’efficacité de cette méthode si elle est mise en œuvre correctement, ce qui suppose en particulier une intensité suffisante du bain linguistique, la parité représentant un minimum, et des enseignants capables de combiner la compétence linguistique avec la maîtrise des matières d’enseignement. C’est avec beaucoup de réticence que l’Education nationale s’est engagée partiellement dans cette voie à partir de 1992 quand elle a été confrontée au succès des classes paritaires associatives. Elle n’a jamais mis en œuvre le paritarisme au niveau secondaire de manière effective. Aujourd’hui l’administration scolaire veut, contre toute logique, développer un modèle consistant à ne maintenir dans les classes bilingues qu’un tiers du temps en allemand et deux tiers du temps en français au lieu de conserver le système paritaire. Les arguments invoqués pour justifier ces modalités nouvelles sont marqués du sceau de l’incohérence : - « Diminuer le nombre d’heures en allemand » permettrait d’améliorer l’efficacité de cet enseignement ! Il est évident qu’une réduction supplémentaire de l’exposition à la deuxième langue va encore affaiblir la connaissance de celle-ci alors que beaucoup d’élèves ne la pratiquent que dans le cadre scolaire. En réalité la réforme vise à rétablir l’enseignement frontal de la langue à la place du bain linguistique. On se rapproche de la formule des anciens « sites à 6h d’allemand » qui ont montré leur inefficacité. - « Un enseignement de la langue régionale réduit à un tiers du temps scolaire permettrait d’attirer plus d’enfants dans cette filière ». Mais la réalité est que pour le moment beaucoup de demandes de familles voulant accéder à l’enseignement paritaire ne sont pas satisfaites. Les filières paritaires ne souffrent pas d’une insuffisance de demandes mais, dans certains cas, d’une désaffection due à la médiocrité de la mise en œuvre de cette pédagogie par l’Education nationale et au manque d’offre bilingue dans les collèges de rattachement. - « L’enseignement de la langue régionale coûte trop cher ». En vérité, si l’Education nationale mettait en œuvre correctement cet enseignement, une heure en allemand ne coûterait pas significativement plus cher qu’une heure en français. Ce qui coûte cher, c’est le refus de développer l’enseignement paritaire de manière systématique qui empêche d’optimiser l’organisation de cet enseignement. Dès lors que l’enseignement en allemand est confié à des maîtres spécialisés, il est plus efficace et moins coûteux d’organiser leurs interventions sous forme de mi-temps plutôt que des tiers-temps. Enfin, si l’on parle de coût, il faut aussi évoquer le coût pour la région de la perte des compétences bilingues de bon niveau. - « Il n’y aurait pas assez d’enseignants capables d’enseigner en allemand ». L’Education nationale invoque ainsi sa propre turpitude : elle a disposé de 20 ans pour mettre en place un système de formation et de recrutement d’enseignants germanophones ; or elle est toujours encore dans l’improvisation et le bricolage pour trouver de tels enseignants. Pire : elle refuse d’appliquer les décisions de justice qui lui font obligation de reconnaître les diplômes d’enseignants germanophones étrangers désireux d’être titularisés dans les écoles d’Alsace. - « Réduire le nombre d’heures en allemand permettrait d’augmenter la mixité sociale ». L’Education nationale reprend ainsi à son compte les ragots selon lesquels les classes bilingues paritaires regrouperaient principalement les enfants de catégories privilégiées. Toutes les études montrent que rien n’est plus faux. Par ailleurs, le système du bain linguistique permet l’accès au bilinguisme même à des enfants qui n’ont pas de facilité d’apprentissage. Il est vrai que ces classes étant volontaires, s’y inscrivent les familles qui réfléchissent à l’éducation de leurs enfants. Réduire le nombre d’heures en allemand n’y changera rien. - « Les élus alsaciens auraient donné leur accord à cette nouvelle politique ». En réalité, si la Commission quadripartite où siègent des élus a été consultée, il n’y a pas eu de véritable information ni de véritable délibération parmi les élus de notre région. Ce que propose le rectorat constitue une nouvelle atteinte à la Convention quadripartite signée en 2007 qui prévoyait l’extension de l’enseignement paritaire. Au moment où des responsables économiques multiplient les signaux d’alarme devant le constat que de nombreux emplois sont perdus en raison du manque de compétence en allemand des jeunes générations qui arrivent sur le marché du travail, alors que les filières de formation transfrontalières ne peuvent se développer en raison de l’insuffisante préparation linguistique des étudiants de notre région, le rectorat ne trouve rien de mieux que de baisser davantage la garde avec l’argument dérisoire qu’il faut « sortir de la logique quantitative ». Tandis que nos parlementaires s’engagent pour une proposition de loi sur les langues régionales désormais reconnues par la Constitution, afin de garantir la transmission effective de ces langues, le rectorat d’Alsace veut revenir à des formes d’enseignement qui ont démontré leur inefficacité. Notre région aspire à disposer d’un système d’enseignement qui offre à tous les enfants dont les familles le souhaitent un vrai accès au bilinguisme au même titre que de nombreuses autres régions européennes frontalières ou disposant d’une langue régionale. Le rectorat veut nous faire croire que nous serions les seuls à ne pas disposer de moyens suffisants pour cela. C’est tout simplement inacceptable ! Nous demandons à nos élus de réagir avec la plus grande fermeté pour sauvegarder un enseignement efficace de notre langue régionale et donner à nos enfants les mêmes chances que dans d’autres régions bilingues. Nous voulons un enseignement bilingue de qualité et efficace. Ce que propose le rectorat est une régression dramatique. Nous sommes à votre disposition pour vous apporter des éléments complémentaires d’information et, si vous le souhaitez, vous rencontrer à ce sujet. Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller régional, l’expression de notre haute considération.
CULTURE et
BILINGUISME d'Alsace et de Moselle
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Coordination des associations pour la promotion et le développement de l'enseignement bilingue paritaire
à Monsieur Philippe RICHERT Strasbourg, le 31 octobre 2011. Monsieur le Président, Nous vous remercions de votre courrier du 23 septembre 2011 et revenons vers vous au sujet de l'organisation des Assises de la Langue Régionale. Nous avons été très sensibles à votre réaction positive à cette initiative que nous vous avions proposée lors de notre rencontre du 22 juillet 2011. Nous tenons bien entendu tout particulièrement à y prendre toute notre place, en tant que défenseurs et promoteurs de notre langue régionale. Comme vous le souhaitiez, nous avons délégué pour la coordination Mme Monique Matter et M. Jean- Marie Woehrling afin de participer au montage en commun de cet ambitieux projet et que nous puissions très rapidement convenir d'une date de réunion pour fixer les contours et les contenus de ces Assises. Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l'expression de nos plus sincères salutations. Thierry Loth
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| Lettre du Ministre Philippe Richert à M. J-M Woehrling,
président Culture et Bilinguisme-René Schickele Gesellschaft du
10/10/2011
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| Lettre de Claude Froehlicher, président d'Eltern Alsace au
Ministre Philippe Richert, le 29/09/2011
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| Courrier de M. le Ministre Philippe Richert à la
Coordination (M. Thierry Loth) des association du 23/09/2011
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| Lettre de M. le Ministre Luc Chatel à M. le Ministre
Philippe Richert, le 22/09/2011
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| Lettre de M. le Ministre Philippe Richert, M. le
président Guy-Dominique Kennel et M. le président Charles Buttner à M.
le Ministre Luc Chatel septembre 2011
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Lettre de M. Buttner à M. Goepfert, vice-président de l'APEPA
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Éducation Débat Bilinguisme scolaire : les clefs pour comprendre
Qui a créé les sites bilingues en Alsace ? - On oublie souvent que c'est le privé qui en a pris l'initiative. L'association ABCM/Zweisprachigkeit a commencé à 1991 à Saverne, Lutterbach et Ingersheim, puis Pulversheim et Mulhouse. Aujourd'hui ABCM gère 10 sites bilingues en Alsace et en Moselle. - Quand l'Éducation nationale a-t-elle commencé ? - En 1992, avec le recteur Jean-Paul de Gaudemar. Ce fut le cas par exemple à Soultz (68), Guebwiller et Lutterbach. Le dispositif a grossi depuis. À la rentrée 2010, l'Académie comptait 714 classes bilingues dans 297 écoles maternelles ou primaires. - Combien d'élèves sont aujourd'hui concernés ? - Dans le public, cela concerne environ 19 000 élèves de maternelle et primaire (soit un peu plus d'un écolier sur dix), - Qu'est-ce que le système paritaire ? - Une méthode pédagogique qui fonctionne sur deux principes-clefs. Le temps scolaire est partagé à égalité entre les deux langues. Chaque langue a son professeur. La classe voit donc se relayer deux enseignants, l'un en allemand, l'autre en français. - Que se passe-t-il en collège et lycée ? - La filière bilingue se poursuit, mais le paritarisme n'est plus de règle. Cinquante et un collèges offrent une filière bilingue où certaines matières sont enseignées en allemand : 3 400 collégiens sont concernés. Treize lycées de l'Académie proposent des filières Abibac (bac français et Abitur allemand) : 1 086 lycéens y sont inscrits - Pourquoi un système seulement franco-allemand et non franco-anglais par exemple ? - Pour des raisons historiques et géographiques. L'Alsace a été très longtemps dans l'aire culturelle germanique puis de double culture. Elle est en bordure d'une zone linguistique de 100 millions de germanophones avec lesquels elle a des relations serrées. L'allemand est la première langue de l'Union européenne. C'est pour ces raisons que les collectivités locales subventionnent le bilinguisme scolaire franco-allemand. - Pourquoi l'allemand et pas l'alsacien ? - Un accord a été trouvé au début des années 1980 sur une définition. La langue régionale a deux composantes, sa forme orale (les dialectes alsaciens) et sa forme écrite (l'allemand standard). Le recteur Pierre Deyon (1927-2002) a repris cette formuleh dans une circulaire en 1982 -- ce qui était audacieux à l'époque puisque c'était dire que l'allemand était une des langues régionales de la République française (*). En même temps, il avait créé les options « Langue et culture régionales » pour prendre en compte les réalités alsaciennes. - Quels sont les problèmes de cette filière bilingue ? - Ils sont identifiés depuis longtemps. C'est la déperdition d'élèves au cours du cursus scolaire et la « ressource rare » en enseignants parfaitement bilingues. Mais associations et administration ne sont pas d'accord sur les causes de ces deux phénomènes et la façon d'y remédier. - Y a-t-il déjà des formes de bilinguisme franco-allemand non paritaires ? - Oui. En maternelle et primaire, c'est la voie « extensive » : trois heures d'allemand par semaine. En collège existent la filière « bilangue » -- deux langues vivantes dès la 6e -- et les sections européennes à partir de la 4e jusqu'au lycée inclus. Jacques Fortier
DNA 18 juin 2011
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Éducation Bilinguisme français-allemand
Le nouveau dispositif bilingue favorisera la diversité sociale,
selon le recteur Armande Le Pellec-Muller.
« Ce dispositif apporte de la plus-value à l'apprentissage de l'allemand », assure le recteur de l'académie de Strasbourg, Armande Le Pellec-Muller. Mais il n'est pas sûr que les défenseurs du sacro-saint paritarisme n'entendent ses arguments. Des arguments que le recteur a présentés, le 27 mai dernier, lors d'une réunion quadripartite entre les représentants de l'Éducation nationale, de la région Alsace et des deux conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. « Nous avons fait au rectorat un certain nombre d'observations », explique Armande le Pellec-Muller. Tout d'abord, « après le primaire, le bilinguisme souffre d'une défection d'élèves ». Plus de 10 % des élèves scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires d'Alsace sont inscrits dans la voie bilingue paritaire, soit environ 19 000 élèves. Mais seuls 3 440 collégiens sont inscrits en section bilingue, soit 4 % des effectifs, et 1 086 lycéens en section Abibac. « Nous voudrions rendre l'enseignement bilingue plus attractif en termes de poursuites d'études », expose Armande Le Pellec-Muller. Des raisons pédagogiques, d'équité sociale et budgétaireLa seconde observation du recteur est d'ordre économique. Dans un cadre budgétaire contraint, l'enseignement en allemand est une particularité de notre académie qui représente un investissement annuel de 17 millions d'euros pour l'Éducation nationale, dont un surcoût de 9,5 millions d'euros par rapport aux académies qui ne développent pas le bilinguisme. « En collège, le surcoût est de 80 équivalents temps plein pour 3 500 élèves », indique le recteur. Cet effort budgétaire a permis de développer les sections bilingues, bilangues, les sections européennes... « Il n'y a aucune intention de remettre en cause l'engagement de l'État », affirme le recteur. Un engagement écrit noir sur blanc. Dans le cadre de la convention quadripartite signée en 2007 entre l'État, la région Alsace et les deux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, les trois collectivités territoriales apportent chacune un million d'euros annuels dans la corbeille du bilinguisme. Le troisième argument favorable à la création du nouveau dispositif est lié à la difficulté de recruter des professeurs d'allemand, ou plutôt des professeurs susceptibles d'enseigner en allemand. Dans le paritarisme, des disciplines du premier degré, comme les mathématiques, servent de support à l'apprentissage de l'allemand. Dans le nouveau dispositif, un seul enseignant, contre deux actuellement en bilingue paritaire, pourra assurer l'ensemble des heures de cours en français et en allemand, prévoit le recteur. Le bilinguisme dans le second degré pose également de gros problèmes de recrutement de professeurs capables d'enseigner en allemand des disciplines non linguistiques. La quatrième remarque avancée par Armande Le Pellec-Muller repose sur une volonté de justice sociale. « Le cursus bilingue recrute parmi les classes sociales moyennes et favorisées. Il est peu ouvert à la diversité sociale. Nous avons un peu échoué ». « Rendre pérenne le cursus bilingue »Selon le recteur, le nouveau dispositif apportera plusieurs avantages. « Il doit rendre pérenne le cursus bilingue, le rendre plus attractif et l'ouvrir à la diversité sociale », le tout sur fond de tensions. Alors que « l'on ouvre des classes à faibles effectifs dans le bilingue, il faut rendre le bilinguisme acceptable à la communauté éducative dans une période où les effectifs des classes sont en augmentation ». Ce nouveau dispositif va également être l'occasion de développer une autre méthode d'enseignement de l'allemand. « Nous proposons dans le premier degré de passer de 12 heures à 8 heures d'enseignement en donnant plus de place à la langue orale, à la pratique de la langue. Nous allons essayer de moins spécialiser les élèves, ainsi dans l'apprentissage du vocabulaire allemand, et de développer plus leurs compétences générales de communication ». Une expérimentation, pas « une substitution »Ce nouveau dispositif est « une proposition d'expérimentation, pas une substitution au bilinguisme paritaire », insiste Armande Le Pellec-Muller. Dès la rentrée prochaine, cette expérimentation sera menée en primaire dans « quelques cas d'ouvertures de classes bilingues. Le cursus bilingue paritaire de 12 heures coexistera avec le cursus bilingue rénové de 8 heures ». Les élèves engagés dans un cursus paritaire pourront poursuivre dans cette voie. « Il n'est pas question de substituer le nouveau dispositif à l'autre pour l'instant ». En collège, le cursus bilingue, qui n'est pas paritaire, pourra être ramené à sept heures d'enseignement en allemand, soit quatre heures de langue allemande, une heure de Langue et culture régionale et deux heures de disciplines non linguistiques, comme l'histoire-géographie. En lycée, de nouvelles sections bilingues verront le jour avec une heure en allemand en Langue et culture régionale, une heure en allemand dans une discipline non linguistique en plus du volume réglementaire de langue vivante qui varie selon les filières. « L'idée est d'offrir à tous les lycéens de ce cursus une certification en langue B2 », suggère le recteur. « On sort de la logique quantitative pour passer dans une logique de cursus, du primaire au lycée ». Attirer plus d'élèves vers le bilinguismeLorsque les premières expérimentations auront été menées, le rectorat « comparera les acquis des élèves et la plus-value scolaire de chacun des deux systèmes. Tous les ans nous validerons les acquis et nous ferons un point d'étape à trois ans, puis à cinq ans ». Mais d'ores et déjà, Armande Le Pellec-Muller estime que le nouveau dispositif va attirer plus d'élèves vers le bilinguisme. « Ce dispositif, c'est de la plus-value ». Un avis que semblent partager les représentants de la région Alsace et les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, qui ont approuvé, selon le recteur, cette expérimentation lors de la réunion du 27 mai. Depuis, la discrétion est de mise autour de ce projet. Mais les réactions ne vont pas manquer. Car quels que soient l'argumentaire et les motivations, c'est bien un coup de canif qui vient d'être donné dans le paritarisme. Jean-François ClercD.N.A. 16 juin 2011 |
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Éducation Enseignement bilingue
Comme plusieurs représentants d'associations engagées dans le
bilinguisme, Gérard Cronenberger est bien décidé à ne pas
laisser faire ce qu'il considère être une «régression
inadmissible».
Président de l'Association des élus pour la promotion de la langue et de la culture alsaciennes et vice-président du Comité fédéral des associations d'Alsace-Lorraine pour la promotion de la langue régionale. Ironie du sort, c'est à la maison de l'Alsace à Paris où il accompagne des collégiens bilingues pour une représentation, que le maire d'Ingersheim a appris la nouvelle. « C'est une régression inadmissible. Un retour au jacobinisme le plus étroit. On casse la parité horaire pour des arguments fallacieux. Ça ne coûte pas un poste de plus. Le bilinguisme est reconnu comme nécessaire par les acteurs économiques. Dans le bassin de la Regio, 10 000 emplois échappent aux Haut-rhinois parce qu'ils ne maîtrisent pas l'allemand. Je suis très étonné par la position des élus : elle est en totale contradiction avec ce qu'ils disent sur le terrain. Philippe Richert, président de la Région, nous avait promis, en tant que ministre, de conforter le bilinguisme et de lui donner un statut. Nous sommes à contre-courant de la Bretagne ou de la Corse, qui ont ouvert des classes immersives (NDLR: seule la langue régionale est enseignée dès la maternelle). Nous allons réagir. » Gérard Cronenberger Présidente régionale de l'association ABCM (Association pour le bilinguisme dès les classes maternelles) : « Je n'étais pas au courant, je suis choquée par cette décision qui n'était pas à l'ordre du jour. Elle va à l'encontre de la politique des collectivités territoriales qui font la promotion du bilinguisme sur le terrain. Récemment, nous avons été reçus par Charles Buttner et Guy-Dominique Kennel, les présidents des conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, qui ont exprimé leur souci de développer le bilinguisme. Ce n'est pas comme ça qu'on aura de vrais germanophones sur le marché du travail. » Karine Sarbacher Président du conseil général du Haut-Rhin. Partisan du bilinguisme et d'un renforcement des compétences régionales en matière d'enseignement : « Il faut prendre en compte une double complexité : la difficulté de trouver des enseignants à même d'enseigner des matières en allemand et la croissance du bilinguisme en général qui fait qu'il y a de plus en plus de sites avec des classes qui ne sont pas complètes. Il s'agit d'une expérimentation qui ne va pas dans le sens d'un coup de canif mais vers une meilleure rationalisation de l'enseignement et des moyens mis en oeuvre. Sur le plan budgétaire, les collectivités sont arrivées aux limites convenues et finançables. Passer à huit heures dans deux disciplines où l'on parle plus l'allemand, c'est aller vers plus de densité dans l'expression orale et en même temps faire face à la pénurie de maîtres. Ce n'est pas une régression ; il faut rester optimiste. » Charles Buttner Secrétaire départemental 67 du syndicat enseignant UNSA et délégué au conseil académique des langues : « Les difficultés que nous dénoncions sont enfin prises en compte, mais il n'y a pas de véritable état des lieux de la filière bilingue pour en corriger les effets pervers, comme l'inégalité sociale et géographique. Même si ce nouveau dispositif n'est pas forcément une mauvaise chose, tout dépend comment on va l'appliquer. On va changer le système sans véritable audit du système existant qu'il faut améliorer. Il faut tout mettre sur la table, y compris la formation des enseignants, notamment dans le second degré. Les élèves de CM2 ont un très bon niveau de compréhension en allemand, mais pour l'expression cela pêche. On ne donne pas suffisamment de place à l'expression. Le 1/3 - 2/3 permettra-t-il de régler ce problème ? Ce n'est pas sûr. Le rectorat se sert des difficultés et des effets pervers que l'on dénonce pour des motifs budgétaires. Si l'objectif de ce nouveau dispositif est de gommer les effets pervers du bilinguisme, il faut un véritable audit ». Christian Moser Président de l'association Lehrer : « Le texte qui définit l'enseignement bilingue n'autorise pas ce changement-là. Il faudra le faire acter par le conseil académique des langues régionales. Ce ne sera plus du bilingue si çela devait passer. Il faudra qu'on en discute avec le rectorat ». Yves Rudio Président d'Eltern Alsace : « C'est la rupture du pacte sans concertation préalable alors que nous sommes un partenaire de l'Éducation nationale. La déperdition des effectifs après le primaire, évoquée par le recteur, est fortement due au manque d'offre bilingue dans les collèges de rattachement. La filière bilingue démarrant en maternelle, il faut 20 ans pour que la filière se mette en place. Pour le problème budgétaire, je demande à voir les chiffres. À ce que je sache, les enseignants allemands ne sont pas mieux payés que leurs collègues, et l'éternel argument de la difficulté de recrutement devient insupportable. On ferme les portes aux locuteurs allemands non parfaitement francophones, mais aussi aux professeurs d'allemand sur le reste du territoire français. La remise en cause du principe « un maître une langue » en classe bilingue est dramatique et ridicule. Avec le système d'un enseignant par classe, il faudra quasiment trouver deux fois plus d'enseignants germanophones et on nous explique qu'aujourd'hui déjà on n'en a pas assez. Ou alors, le nouveau dispositif permettra de mettre un enseignant d'allemand sur trois classes... » Claude Froehlicher Président de l'Association de parents d'élèves APEPA : « Les bras m'en tombent. On aurait voulu tuer le bilingue qu'on n'aurait pas fait mieux. Le bilingue embête l'Éducation nationale qui n'arrive pas à le gérer. Le bilingue ne marche que parce qu'il y a un maître, une langue, mais l'Éducation nationale ne veut pas recruter les enseignants en allemand. Dans cette affaire, le silence des collectivités territoriales est grave... Je me demande si ce nouveau dispositif n'est pas un écran de fumée pour nous occuper et cacher la forêt. C'est un casus belli. Les prochaines réunions vont être chaudes ». Thierry Loth Président de la Société des amis de la culture bilingue en Alsace : « L'option est prise au mieux d'une relative maîtrise de la langue allemande, d'une simple familiarisation au pire, et non plus celle de l'équivalence de compétences. C'est aussi une marche arrière... Il nous semble évident que l'on veut faire des économies là justement où un renforcement était devenu indispensable compte tenu des bassins économiques et d'emploi dans lesquels l'Alsace est inscrite... Mais il paraît que l'administration scolaire peut le plus avec le moins. Parions que demain, on nous fera croire que ce nouveau cursus pourra progressivement se substituer à l'existant. Nous irons de régression en régression... Attendons de voir comment va réagir la classe politique en charge de la défense des intérêts des Alsaciennes et Alsaciens ». Pierre Klein Propos recueillis par A. Muller, F. Buchy, et J-F ClercD.N.A. 17 juin 2011
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Opinion Enseigner
moins, pour apprendre plus ! Pierre
Klein Dans
les DNA de ce jour, nous apprenons que Madame le Recteur va introduire à
la rentrée un cursus d’enseignement de l’allemand, langue régionale,
qui ne repose plus sur la parité horaire français-allemand, véritable
acquis régional datant du début des années 1990, véritable capital
social aussi. Ce nouveau cursus va consister à enseigner l’allemand et
en allemand à raison de 8 heures/semaine au lieu de 12 dans la filière
bilingue paritaire actuelle.
Et qui plus est, par le même « maître ». Soit ! Veut-on
se contenter d’une familiarisation à la langue allemande, rien à
redire, mais si comme annoncé ce cursus doit apporter une plus-value à
l’apprentissage de l’allemand, là on est au-delà du bon sens !
Enseigner moins, pour apprendre plus !, est-ce là un nouveau
concept pédagogique ? Rappelons
que le bilinguisme est un plus qui n’enlève rien ! 2=1+1 !
Rappelons que l’enseignement bilingue paritaire
a pour objectif de valoriser et de développer les capacités de élèves
à acquérir une deuxième langue et de maîtriser deux langues de manière
équivalente afin de leur apporter de réels avantages dont l’aspect économique
dans le contexte géographique de l’Alsace n’est pas le moindre. Il prend toute son efficacité en respectant certaines
conditions notamment : ●
La précocité. Le plus tôt, c’est le mieux, en tous les cas dès le début
de l’école maternelle. Les enfants acquièrent les langues tandis que
les adultes les apprennent. ●
L’horaire. Le minimum est la parité horaire, mais il faut prendre en
considération qu’au début l’immersion dans la langue seconde doit être
importante et peut diminuer par la suite. ●
La durée. L’enseignement bilingue demande un cursus scolaire complet. ●
Le principe de Ronjat ou dichotomique. A chaque langue son maître, formé
et motivé, et de préférence un « native speaker ». ●
L’environnement. Il faut encourager les parents pour qu’ils
participent activement, autant que possible, au processus d’acquisition
de la langue seconde (chansons, comptines, livres, télévision,
voyages…). La langue seconde doit être valorisée. L’enfant doit
rencontrer la langue seconde en-dehors de l’école. Il
nous semble évident que si l’on
renonce à deux principes majeurs que sont l’intensité et le principe
de Ronjat, l’option est prise, au mieux, d’une relative maîtrise
de la langue allemande, d’une simple familiarisation au pire, et non
plus celui de l’équivalence de compétence. C’est aussi une marche en
arrière. Rappelons que dans les années 1990, le système de 6
heures/semaine, a été abandonné par le rectorat parce que jugé
inefficace quant à la compétence paritaire. Il
nous semble évident que l’on veut faire des économies là justement où un renforcement était
devenu indispensable compte-tenu des bassins économiques et d’emploi
dans lesquels l’Alsace est inscrite. Et si l’administration scolaire déplore
ne pas disposer d’un nombre suffisant d’enseignants d’allemand, elle
ne peut que s’en prendre qu’à elle-même. Ne sommes-nous pas passé
d’une situation où la quasi-totalité des enseignants d’Alsace aurait
pu prendre en charge l’enseignement de l’allemand à celle
d’aujourd’hui où, justement par défaut d’un enseignement conséquent
de cette langue depuis des décennies, ce n’est plus le cas. De plus,
l’Alsace n’est-elle pas environnée d’un vivier de 100 millions de
germanophones. Si donc, il y avait une véritable volonté de développer
un enseignement bilingue devant permettre aux élèves d’acquérir une
compétence équivalente dans deux langues, il faudrait s’y prendre
autrement et l’on pourrait si l’on voulait. Mais il paraît que l’administration
scolaire peut le plus avec le moins !
Parions que demain, on nous fera croire que ce nouveau cursus
pourra progressivement se substituer à l’existant. Allant de régression
en régression, organisant le déclin, faut-il s’étonner qu’à
l’heure actuelle, il n’y plus dans les petites sections des écoles
maternelles d’Alsace que quelques centaines d’enfants
germano-dialectophones. Sin’s
doch d’letschte ? Attendons
de voir comment va réagir la classe politique en charge de la défense
des intérêts des Alsaciennes et des Alsaciens.
PK
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Petite
leçon d’arithmétique bilingue, signée Joseph Schmittbiel
Le
16 juin 2011 Je
découvre avec ravissement dans les Dernières Nouvelles d'Alsace
d'aujourd'hui le projet de Madame Armande Le Pellec-Muller, recteur de
l'académie de Strasbourg, de proposer à la rentrée et à titre expérimental,
dans certaines classes bilingues d'Alsace, 8 heures d'allemand au lieu des
12 heures habituelles. En
8 heures, les enfants auront plus l'occasion de s'exprimer en allemand
qu'en 12, nous explique-t-elle. Quand l'élite de l'administration française
raisonne, je ne peux m'empêcher d'être parcouru d'un frisson
d'admiration et, dans ce cas précis, j'aimerais même épouser sa cause
et l'encourager à aller au bout de sa logique. Je
pense que pour améliorer l'efficacité du travail de Madame Le
Pellec-Muller, le ministère de l'éducation nationale devrait ramener ses
12 (ou plus ?) mois de salaire annuel à 8, elle en ressentirait immédiatement
les bienfaits : -
une augmentation d'un tiers de ses heures de travail hebdomadaires -
une meilleure lisibilité de son budget personnel -
une motivation accrue à la tâche Bien
entendu, ce projet serait réalisé à titre expérimental et ne
remettrait pas en cause la grille des salaires de l'éducation nationale.
Au bout d'une période de trois ans, une commission pourrait examiner les
progrès effectués par Madame Nous
tenons là un formidable gisement d'enrichissement des budgets de l'Etat
et des collectivités, puisque bien entendu, cette mesure s'appliquerait
aussi aux traitements des élus qui approuvent cette expérimentation
alsacienne. Cette
idée toute pleine de promesses se doublerait alors de l'irremplaçable
expérience du vécu. En effet, tout comme nos conseillers régionaux et généraux
impliqués, Madame Le Pellec-Muller aurait alors l'occasion de ressentir
elle-même cette délicieuse sensation de se faire prendre pour ce que je
lui souhaite de ne pas être, comme elle le fait subir actuellement à
tous les acteurs du bilinguisme et à tous les parents d'élèves des
sites bilingues en Alsace. Joseph
Schmittbiel Traducteur Parent d'élèves en site bilingue
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RÉPONSE d'André
Weckmann suite à l'article de
Mme le recteur
de l'académie de Strasbourg, Armande
Le Pellec-Muller "Coup de
canif dans le paritarisme" Nous vivons en régime démocratique.
Celui-ci a besoin d’hommes debout, ufrachti Mensche, qui lui tiennent tête si la démocratie dérape
vers l’autoritarisme ou l’autosatisfaction. Or nous constatons un dérapage en
ce qui concerne notre avenir : le système des classes bilingues
paritaires que les Alsaciens ont réussi à faire accepter par l’Education
nationale, est remis en question. Je n’entre pas dans le débat pro et
contra.
De toute façon, l’Administration, disposant d’un stock d’alibis
multifonctionnels, trouve toujours les raisons adéquates pour imposer les
orientations qui lui conviennent. C’est la réaction en consensus mou de
notre représentation élue qui me déçoit. Est-elle consciente de la
gravité de notre situation linguistique ? Se rend-elle compte que
l’Alsace risque de son Histoire en appendice banalisé de l’Hexagone,
au lieu d’être la région mitteleuropéenne de la France ? Je
rappelle simplement ici
ce que les organisations culturelles ont posé comme condition sine qua non pour sauver notre avenir économique et
culturel, en signalant que dans n’importe quel autre pays d’Europe
occidentale la question ne se poserait même pas. « Que
chaque enfant vivant en Alsace, quelle que soit son origine, ait la
possibilité de suivre un cursus bilingue paritaire français-allemand/langue
régionale de la maternelle au CM2 dans son village-même ou son quartier
et, pour les élèves du secondaire, dans un établissement proche de son
domicile. On inclura dans l’enseignement de l’allemand en allemand des
séquences ludiques et littéraires en allemand dialectal alsacien. Ce
cursus sera optionnel pour les élèves, son organisation obligatoire pour
l’Administration scolaire. » Parmi nos élu(e)s à tous les échelons
de notre représentation politique, certain(e)s ne craignent pas
d’affirmer leur vision responsable dans ce domaine primordial. Quant aux
nombreux autres, hésitants, qu’on me permette de soumettre à leur réflexion
les quatre questions suivantes concernant un engagement en faveur de la
condition énoncée ci-dessus : Kennen’r
nit ? Derfen’r
nit ? Tröjen’r
nit ? Wellen’r
nit ? Remarque:
Es isch nonit ze spoot züem Umdenke ! (Il n’est pas trop tard
pour réviser ses convictions !) Suis-je
tenté de conclure par les paroles de la chanteuse contestataire Bettina
Wagner ? Grade, klare
Menschen /wärn ein schönes Ziel.
Des
hommes droits et francs/ Quel objectif de rêve ! Leut ohne Rückgrat/hab’n
wir schon zuviel.
Des
gens à l’échine souple: / il n’y en a trop chez nous Mais
c’était en 1978… et en République (prétendue !) démocratique
allemande…Puis, ne mélangeons pas ! André Weckmann: professeur agrégé
d'allemand, auteur (avec des collègues) de nombreux manuels scolaires, écrivain
de renom européen, édité notamment à la SALDE (Société Alsacienne et
Lorraine de Diffusion et d’Edition) et bf Editions, n'a jamais hésité
à s'engager lorsque qu'un danger menaçait la langue et la culture dont
il est issu, le bilinguisme régional et l'avenir de l'Alsace.
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Bilinguisme : les élus écologistes veulent une réaction forte du Conseil Régional
Le groupe Europe Écologie Alsace est intervenu en Commission permanente pour que le Conseil Régional réagisse vigoureusement face à la remise en question des modalités du bilinguisme scolaire engagée par l'Etat. Sur la méthode, la démarche est exécrable : c'est le retour de l'unilatéralisme rectoral, la négation du partenariat avec les collectivités territoriales qui sont uniquement avisées en dernière instance. Sur le fond, cette démarche est particulièrement critiquable : nous ne pouvons croire qu'un allègement significatif du volume horaire pédagogique permettrait de renforcer les compétences bilingues de nos jeunes. Les élus écologistes espèrent que le Conseil Régional d'Alsace saura agir pour préserver les objectifs et les moyens du renouveau bilingue nécessaire pour l'Alsace.
Le groupe des élus Europe Ecologie Alsace
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Madame le Recteur, Notre attention a été attirée sur la situation de l'enseignement de l'allemand en Classe préparatoire ATS du Lycée Louis ARMAND de Mulhouse, où ce dernier serait remis en cause à la rentrée prochaine. Au-delà du cas spécifique de cet établissement, se pose globalement la question cruciale de la promotion de l'enseignement de l'allemand dans notre système éducatif, langue régionale d'Alsace et langue de nos voisins directs, allemands et suisses. La perte du bilinguisme franco-allemand "inné" constitue en effet une grande menace pour l'essor économique de notre région et le développement de nos entreprises. Conformément à la convention qui lie à cet égard le Rectorat et les collectivités territoriales d'Alsace, il importe désormais d'inverser cette tendance afin de préserver l'existant (comme dans le cas emblématique du Lycée Louis Armand de Mulhouse) et d'intensifier les efforts en faveur du développement de l'enseignement de l'allemand dans l'ensemble de notre système éducatif, en mettant plus particulièrement l'accent sur celui des filières bilingues. Il va de l'avenir de notre région de renouer avec ce bilinguisme franco-allemand "inné", levier d'accès à un trilinguisme "aisé" (avec une ouverture notamment à l'anglais). Nous comptons à cet égard sur l'engagement de votre administration en faveur de l'intérêt général de notre région, de l'épanouissement de ses habitants, et de la prospérité de son économie. Dans l'attente de votre réponse.... Jean-Louis Hoerlé Président de la CCI Région Alsace
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NOTRE AVENIR EST BILINGUE (*) Mon attention a été attirée la semaine dernière sur un article de presse intitulé « Bilinguisme – le Recteur relance les hostilités »… Ancien élève de l’Ecole
normale d’instituteurs de Strasbourg, ayant enseigné l’allemand
durant 42 ans en collège et en lycée de l’Education nationale, puis au
lycée agricole de Rouffach, ayant été durant plus de 15 ans « chargé
de mission ministérielle « Europe » pour l’Allemagne et
l’Autriche », je pense – modestement – avoir une vision assez
précise de l’intérêt du développement du bilinguisme en Alsace, à
tous les niveaux. L’enseignement paritaire
en école maternelle et élémentaire, en collège puis en lycée a déjà
fait ses preuves. Au – delà des apports culturels indéniables d’un
bilinguisme précoce et continu, les exigences économiques transfrontalières
ont été rappelées maintes fois par les élus, quelles que soient leurs
options politiques. Il est donc navrant de
constater que l’on veuille remettre en doute pour des raisons comptables
plus que discutables l’efficacité d’un enseignement qui a fait ses
preuves et que d’autres pays européens nous envient… A priori, d’autres régions
de France ne connaissent pas ces restrictions… Roland Eyerchet professeur honoraire *titre
d’un ouvrage célèbre paru en 1968…
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Monsieur Luc
CHATEL , Ministre de l’Education
nationale,
Colmar, 20 juin 2011 Rue de Grenelle 75 015 PARIS Monsieur
le Ministre,
Après plus de 30 ans d’enseignement dans le service public, j’ai
l’honneur de solliciter une réponse personnelle à la question
que se posent parents et enseignants depuis que la presse a enquêté sur
le « Coup de canif dans le paritarisme » (DNA du jeudi 16
juin) et « Bilinguisme : le recteur relance les hostilités »
(1ère page de L’ALSACE » du samedi 18 juin) : la politique restrictive
que tente de nous imposer la nouvelle rectrice de l’Académie de
Strasbourg, Mme M-L P, suit-elle des directives ministérielles ou
agit-elle de sa propre autorité (voir articles de la presse régionale ,
que je joins, ce qui évitera des redites inutiles!) Au moment où votre ministère
supprime des classes (tant monolingues que bilingues) et des postes
d’auxiliaires de vie scolaire, cette initiative risque de relancer une
guerre scolaire dont nous nous serions passés à un an d’élections à
la fois cruciales et incertaines intéressant l’avenir du pays tout
entier. Cette « sortie »
tombe au moment où M. KLOTZ, président du MEDEF 67 vient de demander à
l’académie de "RELANCER un bilinguisme volontaire"
(voir article DNA du mardi 14 juin 2011, joint). Il y affirme que "la
perte du bilinguisme naturel, accessible par la pratique de l’alsacien,
contribue très largement au déclin de l’activité en Alsace, et donc
à la croissance du chômage" -au moment où 2 éventuels
candidats aux Présidentielles sont à Strasbourg (dans le cadre des
« 100 idées pour la France" voir DNA du jeudi 16
juin, jour de l’interview du recteur !) -au moment où les« 62èmes
journées d’études » réunissent en congrès1500 avocats
français et allemands à Strasbourg pour parler des relations juridiques
franco-allemandes (voir photo des ministres Michel
MERCIER et Frau LEUTHEUSSER-SCHNARRENBERGER dans « L’ami du Peuple »
du 10 juin ) Comme rien dans la carrière de
Mme le recteur ne semblait la prédisposer à des compétences en matière
d’enseignement des langues, nous sommes nombreux à nous demander si
elle n’a pas été mal conseillée par des I.P.R. d’allemand (
pourtant auteurs de manuels d'allemand pour classes bilingues
paritaires ou s’il ne s’agit pas simplement d’obtenir des économies
budgétaires et de toucher ainsi cette fameuse prime de 22. 000 euros ! Après le « Rapport
de l’Inspection Générale de l’Education nationale et de l’I.G.A.E.N.R.
sur l’ "Evaluation de l’enseignement dans l’académie de
Strasbourg » (n° 2006-060 d’octobre 2006) qui dit par exemple
(2.3.4.) que : " le sentiment prévaut que l’allemand est
enseigné de la même façon à Strasbourg qu’à Lille ou à Limoges, même
lorsque le public scolaire est composé en partie d’élèves
dialectophones... ( et que) le potentiel linguistique est sous-exploité ,
notamment par une progression exagérément ralentie… ", nous
pensions que la politique de votre ministère allait évoluer dans le bon
sens ! Or c’est le contraire qui se
produit : malgré les lettres des présidents des 3 Collectivités
Territoriales d’Alsace, toujours pas de CAPES bivalents, ni de véritable
formation professionnelle (et même suppression du C.F.E.B.°°
de Guebwiller), toujours pas d’aménagement des conditions de passation
des concours nationaux qui permettraient enfin d’embaucher les meilleurs
enseignants germanophones et de les nommer là où ils sont nécessaires,
etc… Si le véritable but
de cette manœuvre était d’économiser de l’argent public
ou de suppléer le manque criant d’enseignants bilingues, le calcul
de Mme le recteur serait complètement faux et bancal. En
effet, si l’on veut que le même enseignant parle tantôt français ,
tantôt allemand pendant ses cours, il faudrait 100 enseignants bilingues
(pour 100 classes primaires), alors qu’aujourd’hui il n’en faut que
50, enseignant en allemand, (et 50, enseignant en français) dans
les 100 mêmes classes , sans parler de la non-prise en compte
du principe de Ronjat-Grammont (« un enseignant/une langue »),
appliquée dans l’ensemble de la Francophonie ! On dirait plutôt que le vrai
but est de casser une pédagogie qui, partie de zéro après des décennies
d’interdiction, progresse depuis 20 ans (et permet aujourd’hui
à 19 000 enfants -de toute origine sociale- de devenir
bilingues à partir de l’école maternelle ) Nous sommes très inquiets de ce
retour en arrière de 30 ans et de cette rupture de toutes les conventions
signées par nos 3 collectivités alsaciennes et vous prions de manifester
clairement que cette tentative de « coup de canif » ne
vient pas de vous et sera annulée.! Dans l’attente d’être
rassurés, nous prions, Monsieur le ministre, de bien vouloir comprendre
notre inquiétude et notre souci de l’école publique !.. Richard
WEISS, Professeur Certifié de Lettres Classiques 30,
rue de Wettolsheim 68 000 Colmar °° C.F.E.B. : Centre de formation à l’Enseignement Bilingue, créé dans les locaux de l’ancienne Ecole Normale puis I.U.F.M. de Guebwiller 68400, sur des fonds des Collectivités Territoriales alsaciennes et fermé à la dernière rentrée !
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le 14/06/2011 DNA
Entretien / Olivier Klotz, président du Medef 67
« Relancer un bilinguisme volontaire »
Un an après sa prise de fonction à la tête du Medef Bas-Rhin, Olivier Klotz
établit un premier bilan positif. Et il n’a rien perdu de sa pugnacité,
dénonçant notamment la nouvelle prime sur dividende due par certaines
entreprises aux salariés. Virulent tant sur la méthode que sur le fond.
« Si nous n’étions pas voisins de l’Allemagne… »
– Quelle est votre analyse de l’état de santé de l’économie alsacienne ?
– Conjoncturellement, on constate une reprise qui est avant tout un
rattrapage après une période de disette. Ceux qui dépendent de la commande
publique ne sont pas gâtés car la sphère publique avait accéléré les
investissements. Ce qui a permis de passer la crise mais, aujourd’hui, ces
entreprises le payent. Dans la sphère privée, l’économie alsacienne est
tirée par l’Allemagne. Si nous n’étions pas voisins des Allemands, ce
serait différent.
Ce qui me paraît plus fondamental, c’est que la perte du bilinguisme
naturel, accessible par la pratique de l’alsacien, contribue très largement
au déclin de l’activité en Alsace, et donc à la croissance du chômage. On
le sait, aujourd’hui en Suisse comme en Allemagne les Alsaciens sont moins
demandés. C’est un axe majeur pour notre région : si nous ne redevenons pas
bilingue de façon volontaire, je pense que nous plongerons sur le plan
économique.
– On pourrait imaginer un bilinguisme pluriel, franco arabe, franco-russe,
franco turc…
– Aucune étude ne prouve, en effet, que le monolinguisme rend plus
intelligent que le bilinguisme. Tous les bilinguismes sont bons à prendre.
Il se trouve que nous avons un voisin qui parle allemand. Tous les pays
d’Europe où les gens sont bilingues ou trilingues sont très bien classés
sur le plan international. Toutes les régions bilingues du monde sont plus
ouvertes et plus puissantes. Sur le Rhin, nous avons deux intelligences
différentes qui se côtoient, il faut en profiter !
PROPOS RECUEILLIS
PAR ANTOINE LATHAM
Olivier Klotz, président du MEDEF 67, au siège de la Maison de l’Entreprise à Schiltigheim. |
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19 juin 2011 - Communiqué de presse de l’association Lehrer. L’association Lehrer, association professionnelle des instituteurs et professeurs pour l’enseignement bilingue paritaire dans les académies de Strasbourg et Nancy-Metz, a pris connaissance de la réforme annoncée par Madame Armande Le Pellec-Muller, Recteur de l’académie de Strasbourg, parue dans les DNA du 16 juin 2011. L’association souhaite revenir sur certains des propos du Recteur et mettre en garde sur un certain nombre de dangers qui menacent la filière bilingue en particulier. « Après le primaire, le bilingue souffre d’une défection d’élèves. »"Plus de 10% des élèves scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires d’Alsace sont inscrits dans la voie bilingue paritaire. Mais seuls 3440 collégiens sont inscrits en section bilingue, soit 4% des effectifs et 1086 lycées en section Abibac." ajoute le texte de l’article signé par J. Fr. Clerc. Trois éléments méritent ici d’être pris en considération : - Il semble méthodologiquement impossible de comparer le nombre d’élèves de huit années scolaires (enfants de 3 à 10 ans révolus, c’est-à-dire de la classe de petite section à celle du CM2) à celui de quatre années scolaires de collège (de la 6 ème à la 3ème).- De plus, cette comparaison ne prend pas en compte le fait que la montée en charge progressive liée au développement du réseau des sites dans les collèges n’est pas achevée. - Enfin, la comparaison (4% < 10%) sous-entend que les élèves qui quittent le CM2 n’ont pas le niveau attendu. Or, les évaluations de fin de CM2 montrent que les élèves atteignent un fort taux de réussite sur l’échelle du niveau A2, qui est le niveau attendu en fin de CM2 : nos élèves atteignent massivement des scores qui s’échelonnent entre 90 et 100% de réussite. Ce constat dément les affirmations, qui constituent une mise en cause de l’enseignement dispensé, selon lesquelles les acquisitions des élèves marqueraient le pas dans l’apprentissage de la langue. « Nous voudrions rendre l’enseignement bilingue plus attractif en termes de poursuites d’études. »L’efficacité de l’enseignement bilingue est étroitement liée à la démarche actionnelle : il s’agit de rendre les élèves actifs dans leur apprentissage de la langue, il s’agit d’apprendre de la langue pour apprendre des notions nouvelles. Dans l’enseignement bilingue, les élèves apprennent la langue pour agir dans cette langue (lire, se documenter, exploiter et organiser les éléments recueillis, argumenter, apprendre de nouveaux savoirs…). La réduction des horaires de et en langue régionale allemand nous paraît entraîner plusieurs difficultés : - elle implique inévitablement une réduction des disciplines enseignées en allemand, et donc une réduction de la démarche actionnelle, - le risque encouru est de revenir à la philosophie des anciens sites à 6 heures de et en allemand, pour lesquels une évaluation académique, toujours disponible, avait montré que les enjeux n’étaient pas atteints et qu’un enseignement en allemand limité à des disciplines ludiques (musique, arts plastiques, EPS) avait une efficacité limitée, - critiquer le rôle joué par l’enseignement des mathématiques en allemand est méconnaître les évaluations didactiques et scientifiques faites dans le passé (J. Petit, 1993). Pour être efficace, l’enseignement bilingue par immersion partielle d’un éventail complet de disciplines non linguistiques (lettres, disciplines scientifiques, disciplines artistiques, sciences humaines), - remettre en question les mathématiques dans l’enseignement bilingue au moment où celui-ci dispose d’une série complète de manuels ne relève-t-il pas d’une certaine inconséquence ? « Le cursus bilingue recrute parmi les classes sociales moyennes et favorisées. Il est peu ouvert à la diversité sociale. »Effectivement, mettre son enfant en classe bilingue est un choix que font volontiers des parents de ces classes sociales, mais que rechignent à faire les parents de classes plus défavorisées, alors que l’enseignement bilingue permet à un élève dialectophone de valoriser un héritage culturel et langagier familial. Pourquoi ? En fait, les sites bilingues leur restent aujourd’hui inaccessibles dans certaines communes, parce qu’ils sont loin de leur domicile, parce que se charger d’acheminer eux-mêmes leur enfant est coûteux, ou parce que l’information, au moment de l’inscription en petite section de maternelle ne s’est pas faite correctement. Pour favoriser la mixité sociale dans les sites bilingues, il faut que chaque parent puisse avoir un choix raisonnable et soit correctement informé, lors de l’inscription de son enfant en maternelle. « En collège, le cursus bilingue pourra être ramené à sept heures d’enseignement en allemand, soit quatre heures de langue allemande, une heure de langue et culture régionales (LCR) et deux heures de disciplines non linguistiques, comme l’histoire géographie. En lycées de nouvelles sections bilingues verront le jour. »La création de sections bilingues en lycée ne peut que nous satisfaire, puisqu’elle offrira aux élèves issus de classes de troisièmes bilingues non motivés par les sections Abibac ou refusés par celles-ci de poursuivre une scolarité bilingue et plurilingue. Mais nous regrettons que cette mesure soit accompagnée d’une limitation des horaires à 7 heures en allemand, alors que ces dernières années, plusieurs établissements étaient en mesure d’organiser 2 heures par semaine d’allemand en plus. « Nous proposons dans le premier degré de passer de 12 heures à 8 heures d’enseignement en donnant plus de place à la langue orale, à la pratique de la langue. »L’association Lehrer salue une orientation qui viserait à donner, à l’école élémentaire, plus de contenu et de cohérence à l’enseignement de la langue orale et écrite par la formulation d’une progression d’objectifs langagiers et grammaticaux. Elle s’est souvent exprimée sur ce sujet pour regretter dans les programmes du 28 décembre 2007 l’absence de cette progression. Mais : - ce n’est pas en réduisant les horaires de et en langue que l’on atteindra le but fixé. La décision de réduire les heures met en cause la sincérité de l’objectif, - la mesure fait bon marché du principe de la démarche actionnelle selon lequel la meilleure manière de pratiquer la langue est d’éviter qu’elle ne se replie sur ses propres contenus mais de faire en sorte qu’elle serve à apprendre (« instrumentalisation de la langue »). « Dans un cadre budgétaire contraint, l’enseignement en allemand est une particularité de notre académie qui représente un [….] surcoût de 9, 5 millions d’euros. « En collège, le surcoût est de 80 équivalents temps plein pour 3500 élèves », indique le recteur. »Sans nier le fait que l’organisation de l’enseignement bilingue en collège a des contraintes spécifiques, nous faisons remarquer : - que ce surcoût est aussi lié à l’absence d’une véritable politique de recrutement et de la formation de professeurs et que l’Etat est obligé de payer des enseignants contractuels sur des emplois non budgétaires, - que seul le développement de l’enseignement bilingue en collège et l’augmentation du nombre d’élèves accueillis permettra de donner aux jeunes des chances pour l’emploi en milieu frontalier et transfrontalier, - que depuis 2007 (Forum pour le second degré, suivi du deuxième congrès professionnel national en 2008), l’association Lehrer attire régulièrement, mais sans succès, l’attention des décideurs politiques et éducatifs sur l’urgence de la création d’un CAPES bivalent langue régionale et discipline enseignée dans cette langue qui, à l’opposé d’autres langues régionales de France, n’existe pas pour la langue régionale d’Alsace et des Pays mosellans. La réforme des IUFM a entraîné la suppression de la seule voie de formation pour les professeurs de collèges et de lycées – l’option européenne et bilingue de l’IUFM d’Alsace – sans pour l’instant créer une autre filière de formation du même type dans les universités où ces professeurs sont formés. Un autre « argument favorable à la création du nouveau dispositif est lié à la difficulté de recruter des professeurs d’allemand ou plutôt des professeurs susceptibles d’enseigner en allemand. » Au moment où l’académie fait ce constat, il est pour le moins surprenant qu’elle envisage de faire fonctionner, à titre expérimental certes, des classes élémentaires bilingues sur le principe pédagogique ‘un maître, deux langues’. Cette renonciation au principe actuellement en vigueur ‘un maître, une langue’ augmentera encore le déficit d’enseignants, puisqu’il fait perdre 50% des moyens humains à l’académie ! Par ailleurs, à ce jour, l’éducation nationale, malgré les accords européens en vigueur, s’est refusée, dans le cadre des recrutements nationaux, à reconnaître les formations d’enseignants des pays germanophones par le jeu des équivalences. On se coupe ainsi d’une ressource importante susceptible de pallier le manque d’enseignants. Pour toutes les raisons énumérées ci-dessus, l’association Lehrer demande à Madame le Recteur de renoncer aux mesures de réduction horaire et de maintenir la filière bilingue dans sa parité entre les langues proposées.
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NOTRE AVENIR EST BILINGUE (*) Mon attention a été attirée la semaine dernière
sur un article de presse intitulé « Bilinguisme – le Recteur
relance les hostilités »… Ancien élève de l’Ecole
normale d’instituteurs de Strasbourg, ayant enseigné l’allemand
durant 42 ans en collège et en lycée de l’Education nationale, puis au
lycée agricole de Rouffach, ayant été durant plus de 15 ans « chargé
de mission ministérielle « Europe » pour l’Allemagne et
l’Autriche », je pense – modestement – avoir une vision assez
précise de l’intérêt du développement du bilinguisme en Alsace, à
tous les niveaux. L’enseignement paritaire
en école maternelle et élémentaire, en collège puis en lycée a déjà
fait ses preuves. Au – delà des apports culturels indéniables d’un
bilinguisme précoce et continu, les exigences économiques transfrontalières
ont été rappelées maintes fois par les élus, quelles que soient leurs
options politiques. Il est donc navrant de
constater que l’on veuille remettre en doute pour des raisons comptables
plus que discutables l’efficacité d’un enseignement qui a fait ses
preuves et que d’autres pays européens nous envient… A priori, d’autres régions de France ne connaissent pas ces restrictions… Roland Eyerchet professeur honoraire
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Le
Comité Fédéral regroupe plus de vingt associations culturelles. Il
tient à exprimer sa position quant aux déclarations de Madame le Recteur
concernant l’avenir de l’enseignement bilingue à parité horaire en
Alsace. Il
est évident pour les associations membres que : -
les projets annoncées par le Recteur se font au mépris des
engagements conventionnels, ne respectent ni la réglementation nationale,
ni les familles, ni la convention 2007/2013, ni l’Alsace, sa culture,
ses entreprises et ses
habitants. La
langue régionale d’Alsace (allemand dialectal et allemand standard) et
toutes les langues de France
vivent dans une véritable situation de non-droit à laquelle il convient
absolument de mettre fin par une législation plus ambitieuse et
effectivement respectée, ce qui n’est pas le cas actuellement.
En
conséquence : 1.-Le
Comité fédéral oppose à ces projets du recteur et validés inopportunément
par des responsables
politiques un non total, ferme et définitif.
Appliqués
en 2012, ils sonneraient définitivement le glas de l’enseignement
bilingue, ainsi que de
la maîtrise de l’allemand/langue régionale et la connaissance des
dialectes, composantes de notre langue régionale, en Alsace. Il
est évident, selon nos expériences et à la lecture attentive des propos
du recteur que les huit heures d’allemand ne sont qu’un stratagème
pour amadouer et leurrer les familles et les élus. Dans quelque temps,
ces huit heures seront réduites à six, puis à trois et enfin à 1h30
d’allemand par semaine. Vu
l’illégalité des projets, au regard des textes en vigueur,
le Comité Fédéral invite ses membres à en empêcher partout la
mise en oeuvre sur le terrain. 2.-
En termes financiers, le Comité fédéral constate que
l’enseignement bilingue paritaire ne coûte pas plus cher que
l’enseignement monolingue. Il est mis en œuvre dans de nombreuses écoles,
collèges et lycées. Les trois collectivités territoriales, Région et Départements,
seul cas en France, cofinancent cet enseignement à raison de trois
millions € par an. Il
déplore la grande lenteur de son développement par l’Académie.
Celle-ci, délibérément, défavorise
le recrutement des germanophones natifs afin de pouvoir prétendre
qu’elle manque de compétences linguistiques dans son personnel
enseignant : cela fait plus de vingt ans que cet argument particulièrement
ridicule est avancé. Et on
peut même ajouter depuis les années cinquante !! En réalité
l’allemand, langue régionale d’Alsace,
utilisé par plus de 100 millions d’Européens, n’est pas une langue
rare. 3.-
Pour disposer du personnel compétent, il suffit de modifier
quelque peu les concours de recrutement des professeurs des premier et
second degrés : actuellement le ministère et l’Académie
organisent méthodiquement leur rareté dans l’enseignement bilingue en
mettant un maximum d’épreuves en français. Il convient de se souvenir
que les Allemands constituent par leur nombre la première communauté étrangère
européenne en Alsace et que de très nombreux candidats potentiels sont
ainsi volontairement découragés ou écartés. Il
y a peu de temps, sur un recours de deux enseignants contractuels, le
tribunal administratif de Strasbourg a condamné l’Académie : en
effet celle-ci, au mépris de la loi, exige des contractuels germanophones
européens ayant la qualité de titulaires dans leur pays, de représenter
les concours français alors que la législation européenne permet ici
leur intégration directe en qualité de titulaires. Il
est évident que cette intégration de germanophones, locuteurs natifs, réduirait
fortement les besoins en financement et permettraient d’élargir
rapidement la parité horaire dans toutes les circonscriptions
d’enseignement pour le plus grand bien de notre région ! 4.-
Il convient ainsi pour le Comité fédéral d’inviter l’Académie
: -
à étendre l’enseignement bilingue paritaire à tous les élèves
intéressés sur tous les territoires de l’Alsace, à tous les secteurs
de recrutement des collèges en doublant leur effectif conformément à la
convention 2007/2013. -
à faire aussi changer les dispositions linguistiques des concours de
recrutement afin de pouvoir engager par concours des germanophones natifs
venant du reste de l’Europe. -
à faire assurer effectivement pour tous nos enfants, dès la
maternelle, conformément à la convention, en qualité et quantité, les
trois heures d’allemand par semaine, encore
très théoriques au
primaire : aujourd’hui nous en sommes très loin, après plus de
quatre conventions entre 1989 à nos jours. Comité
Fédéral des Associations pour la Langue et la Culture Régionales
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19 juin 2011 - Communiqué de presse de l’association Lehrer L’association Lehrer, association professionnelle des instituteurs et professeurs pour l’enseignement bilingue paritaire dans les académies de Strasbourg et Nancy-Metz, a pris connaissance de la réforme annoncée par Madame Armande Le Pellec-Muller, Recteur de l’académie de Strasbourg, parue dans les DNA du 16 juin 2011. L’association souhaite revenir sur certains des propos du Recteur et mettre en garde sur un certain nombre de dangers qui menacent la filière bilingue en particulier. « Après le primaire, le bilingue souffre d’une défection d’élèves. »"Plus de 10% des élèves scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires d’Alsace sont inscrits dans la voie bilingue paritaire. Mais seuls 3440 collégiens sont inscrits en section bilingue, soit 4% des effectifs et 1086 lycées en section Abibac." ajoute le texte de l’article signé par J. Fr. Clerc. Trois éléments méritent ici d’être pris en
considération : - De plus, cette comparaison ne prend pas en compte le fait que la montée en charge progressive liée au développement du réseau des sites dans les collèges n’est pas achevée. - Enfin, la comparaison (4% < 10%) sous-entend que les élèves qui quittent le CM2 n’ont pas le niveau attendu. Or, les évaluations de fin de CM2 montrent que les élèves atteignent un fort taux de réussite sur l’échelle du niveau A2, qui est le niveau attendu en fin de CM2 : nos élèves atteignent massivement des scores qui s’échelonnent entre 90 et 100% de réussite. Ce constat dément les affirmations, qui constituent une mise en cause de l’enseignement dispensé, selon lesquelles les acquisitions des élèves marqueraient le pas dans l’apprentissage de la langue. « Nous voudrions rendre l’enseignement bilingue plus attractif en termes de poursuites d’études. »L’efficacité de l’enseignement bilingue est étroitement liée à la démarche actionnelle : il s’agit de rendre les élèves actifs dans leur apprentissage de la langue, il s’agit d’apprendre de la langue pour apprendre des notions nouvelles. Dans l’enseignement bilingue, les élèves apprennent la langue pour agir dans cette langue (lire, se documenter, exploiter et organiser les éléments recueillis, argumenter, apprendre de nouveaux savoirs…). La réduction des horaires de
et en langue
régionale allemand nous paraît entraîner plusieurs difficultés : « Le cursus bilingue recrute parmi les classes sociales moyennes et favorisées. Il est peu ouvert à la diversité sociale. »Effectivement, mettre son enfant en classe bilingue est un choix que font volontiers des parents de ces classes sociales, mais que rechignent à faire les parents de classes plus défavorisées, alors que l’enseignement bilingue permet à un élève dialectophone de valoriser un héritage culturel et langagier familial. Pourquoi ? En fait, les sites bilingues leur restent aujourd’hui inaccessibles dans certaines communes, parce qu’ils sont loin de leur domicile, parce que se charger d’acheminer eux-mêmes leur enfant est coûteux, ou parce que l’information, au moment de l’inscription en petite section de maternelle ne s’est pas faite correctement. Pour favoriser la mixité sociale dans les sites bilingues, il faut que chaque parent puisse avoir un choix raisonnable et soit correctement informé, lors de l’inscription de son enfant en maternelle. « En collège, le cursus bilingue pourra être ramené à sept heures d’enseignement en allemand, soit quatre heures de langue allemande, une heure de langue et culture régionales (LCR) et deux heures de disciplines non linguistiques, comme l’histoire géographie. En lycées de nouvelles sections bilingues verront le jour. »La création de sections bilingues en lycée ne peut que nous satisfaire, puisqu’elle offrira aux élèves issus de classes de troisièmes bilingues non motivés par les sections Abibac ou refusés par celles-ci de poursuivre une scolarité bilingue et plurilingue. Mais nous regrettons que cette mesure soit accompagnée d’une limitation des horaires à 7 heures en allemand, alors que ces dernières années, plusieurs établissements étaient en mesure d’organiser 2 heures par semaine d’allemand en plus. « Nous proposons dans le premier degré de passer de 12 heures à 8 heures d’enseignement en donnant plus de place à la langue orale, à la pratique de la langue. »L’association Lehrer salue une orientation qui viserait à donner, à l’école élémentaire, plus de contenu et de cohérence à l’enseignement de la langue orale et écrite par la formulation d’une progression d’objectifs langagiers et grammaticaux. Elle s’est souvent exprimée sur ce sujet pour regretter dans les programmes du 28 décembre 2007 l’absence de cette progression. Mais : « Dans un cadre budgétaire contraint, l’enseignement en allemand est une particularité de notre académie qui représente un [….] surcoût de 9, 5 millions d’euros. « En collège, le surcoût est de 80 équivalents temps plein pour 3500 élèves », indique le recteur. »Sans nier le fait que l’organisation de l’enseignement
bilingue en collège a des contraintes spécifiques, nous faisons
remarquer : Un autre « argument favorable à la création du nouveau dispositif est lié à la difficulté de recruter des professeurs d’allemand ou plutôt des professeurs susceptibles d’enseigner en allemand. » Au moment où l’académie fait ce constat, il est pour le moins surprenant qu’elle envisage de faire fonctionner, à titre expérimental certes, des classes élémentaires bilingues sur le principe pédagogique ‘un maître, deux langues’. Cette renonciation au principe actuellement en vigueur ‘un maître, une langue’ augmentera encore le déficit d’enseignants, puisqu’il fait perdre 50% des moyens humains à l’académie ! Par ailleurs, à ce jour, l’éducation nationale, malgré les accords européens en vigueur, s’est refusée, dans le cadre des recrutements nationaux, à reconnaître les formations d’enseignants des pays germanophones par le jeu des équivalences. On se coupe ainsi d’une ressource importante susceptible de pallier le manque d’enseignants. Pour toutes les raisons énumérées ci-dessus, l’association Lehrer demande à Madame le Recteur de renoncer aux mesures de réduction horaire et de maintenir la filière bilingue dans sa parité entre les langues proposées.
Association Lehrer – 134 a Rue de la Schwang F-67340
WEINBOURG
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Communiqué de presse de Heimetsproch un Tràdition
Le mépris
jacobin, ça suffit !
Depuis 1945 il ya eu assez de preuves en Alsace, de la volonté de L’Education Nationale et de l’appareil d’Etat, d’éradiquer notre Langue, notre Histoire et notre Culture Régionales. Nos élus et responsables devraient enfin le reconnaître et se battre pour notre défense. Tout cela conduit les Alsaciens à la perte de leurs racines et à une totale acculturation. Il
est urgent de demander que les programmes scolaires soient gérés par Ce qui est de droit et constitutionnel dans les T.O.M. et le Territoire Autonome de Polynésie Française doit aussi l’être en Alsace, au nom de l’Egalité républicaine et du respect de nos Droits élémentaires. Les Corses et les Basques ont 50% de classes bilingues ! Aucun recteur ne s’aviserait à leur démontrer qu’avec deux tiers (8 heures) de langue on obtient de meilleurs résultats qu’avec trois tiers (12 heures) ! Que nos hauts-fonctionnaires appliquent d’abord cette trouvaille si géniale à leurs propres salaires ! Nos élus et responsables seraient donc si naïfs et si peu pugnaces qu’ils goberaient de telles fadaises! C’est déjà leur faire injure que de leur en parler! En plus on nous inflige des comptes d’apothicaires pour nos dépenses d’éducation, alors que l’Alsace est la seule région de France à y contribuer par trois millions d’Euros par an ! Quelle injure d’avoir deux langues dans un pays si fier…de n’en posséder qu’une ! NON les Alsaciens ne veulent pas vivre en marge, sur la frontière Est ! Nous ne voulons pas dépendre d’une Education Nationale qui veut nous réduire au plus petit dénominateur commun et qui prétend ainsi …« favoriser la diversité sociale »… et le chômage aussi! Nous voulons développer nos atouts linguistiques, humains, économiques, géographiques, dignes de l’Humanisme Rhénan de notre Histoire, pour devenir les acteurs actifs de notre avenir au cœur de l’Europe. Henri Scherb 19Juin 2011 Président
de Heimetsproch un Tràdition
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Communiqué de presse Unser Land demande la démission du recteur d’académie 20.06.2011 Le recteur de l’Académie de Strasbourg, Mme Armande Le Pellec-Muller a annoncé cette semaine « une expérimentation» dans le cursus bilingue paritaire en réduisant le volume d’apprentissage de la langue régionale, l’allemand, de 12h à 8h, ce qui correspond à une baisse de 30% des heures d’enseignement. Mme Le Pellec-Muller a déclaré avec un incroyable cynisme que « ce dispositif apporte de la plus-value à l’apprentissage de l’allemand ».Cette décision est une provocation envers les Alsaciens. Elle démontre en outre la volonté de l’Etat français de démanteler l’enseignement bilingue en Alsace. Les raisons budgétaires et organisationnelles invoquées ne sont qu’un paravent qui cache les vraies motivations de l’Etat qui sont d’ordre idéologique. Pour quelle autre raison, l’Etat prendrait-il une décision qui va à l’encontre des recommandations de l’ensemble des acteurs économiques alsaciens? Faut-il aussi rappeler que des milliers d’emploi ne sont plus pourvus par des Alsaciens frontaliers car les jeunes ne maîtrisent plus la langue de leurs aïeux. Et faut-il encore rappeler que l’allemand sous forme écrite et dialectale est notre langue depuis plus de 1500 ans et que démanteler son apprentissage, c’est couper les Alsaciens de leurs origines ?L’Etat préfère que les jeunes Alsaciens pointent au chômage, plutôt que de les voir renouer avec leur identité et avec la prospérité économique.Unser Land constate que MM. Buttner et Richert ont approuvé la décision du rectorat, le premier estimant que la décision de l’Etat «n’est pas une régression». Une fois de plus, les dirigeants UMP ont démontré leur soumission aux diktats de Paris, même quand ils mettent gravement en cause l’avenir de nos enfants. Cela prouve que seul un parti alsacien est en mesure de défendre les intérêts alsaciens.La décision de Mme Le Pellec-Muller mettant gravement en péril l’avenir économique et l’identité de l’Alsace, Unser Land réclame sa démission immédiate du poste de recteur d’académie. Unser Land demande que l’enseignement devienne une compétence exclusive de la région. Unser Land réaffirme son attachement à une généralisation du bilinguisme de la maternelle à l'université, avec apprentissage du dialecte et du Hochdeutsch dès la maternelle. UNSER LAND est un parti prônant un statut d’autonomie
pour l’Alsace au sein d’une Europe des régions. Contacts : - Jean-Georges TROUILLET, président de UNSER LAND : 06 67 28 85 69- Mail : contact@unserland.org - Site internet : http://www.unserland.org UNSER LAND
– Le parti alsacien
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Objet : Enseignement bilingue / Remise en cause
du paritarisme A
ma demande, j’ai été reçu au
Ministère de la Culture et de la Communication, le mardi 21 juin
2011, pour faire un tour d’horizon sur l’avenir des langues
régionales dans notre pays. Dans
ce cadre, j’ai fait savoir aux membres du Cabinet de M. Frédéric
MITTERRAND, Ministre de la Culture et de la Communication, que je suis fondamentalement opposé à la récente décision de Mme Armande
LE PELLEC-MULLER, Recteure de l’Académie de Strasbourg, visant à réduire
le temps paritaire de l’enseignement
bilingue. Cette
inflexion de la politique du
bilinguisme risque d’aboutir au démantèlement,
à terme, de l’enseignement de la langue régionale en Alsace, et cela
pour des raisons purement économiques.
Cette
décision révèle une fois de plus que l’article
75-1 de la Constitution, qui concerne les langues régionales, n’est
que déclaratif. Il est plus
que jamais nécessaire que le législateur se saisisse de ce dossier et
qu’un texte donnant un véritable
statut aux langues régionales soit enfin voté au Parlement. C’est
ce que j’ai rappelé aux membres du Cabinet de Frédéric MITTERRAND, tout
en insistant pour que la décision de Mme LE PELLEC-MULLER soit annulée.
L’enseignement bilingue a fait ses
preuves en Alsace ; il est tout simplement inacceptable qu’il soit
ainsi remis en cause.
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Ville
et Communauté urbaine de Strasbourg Strasbourg,
le 21 juin 2011 Communiqué
de presse Roland
Ries s’oppose à la réduction du temps paritaire de l'enseignement
bilingue Roland
Ries, Sénateur-Maire de Strasbourg, tient à exprimer son désaccord avec
la mise en place, à la rentrée prochaine, d’un dispositif expérimental
visant à réduire l’apprentissage de la langue allemande à 8 heures au
lieu des 12 heures en paritarisme, tel qu’annoncé par la Recteure
Armande Le Pellec-Muller (DNA du 16 juin 2011). Essentiellement
motivée par des raisons économiques, cette mesure est contestée par
Roland Ries parce qu’elle ne repose sur aucune étude sérieuse. Roland
Ries rappelle qu’à Strasbourg et au sein de la CUS, les sites bilingues
sont régulièrement complets et sont amenés à refuser des inscriptions.
Il constate en outre une demande de plus en plus importante de parents
souhaitant voir leurs enfants acquérir les compétences dans les deux
langues à part égale. Il tient
également à souligner la signification particulière du bilinguisme en
Alsace. Ce dernier permet, d’une part, de maintenir le dialecte qui
reste, même affaibli, un marqueur identitaire puissant, et, d’autre
part, de permettre aux habitants de notre région transfrontalière
d’appréhender le marché du travail aussi bien en France qu’en
Allemagne et en Suisse. Pour
Roland RIES, cette remise en cause, même partielle, du bilinguisme
atteste une nouvelle fois de la nécessité de donner aux langues et
cultures régionales un cadre législatif protecteur, suite logique de la
reconnaissance constitutionnelle, en juillet 2008, des langues régionales
comme « patrimoine de la France » (art. 75-1 de la Constitution). À ce
titre, il rappelle qu’il a, avec plusieurs sénateurs socialistes
du Sénat, déposé une proposition de loi visant à donner aux langues et
cultures régionales les outils juridiques nécessaires à leur sauvegarde
et participer à leur promotion dans les domaines de l'enseignement, des médias,
des services publics et de la vie sociale et culturelle. Ce
texte, qui devrait être discuté le 30 juin prochain, permettra, à la
satisfaction de Roland RIES, de promouvoir une France plus ouverte à ses
potentialités régionales et de défendre, valoriser et transmettre ce
patrimoine commun. Il s'inscrit en outre dans la continuité des
politiques de décentralisation engagées par la Gauche depuis 1982, en
conférant aux régions la compétence pour identifier, sur leur
territoire, les langues régionales parlées, mettre en œuvre des schémas
de développement de ces langues et coordonner les politiques des autres
collectivités en ce domaine.
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Motions votées par des Communes d'Alsace
Mardi 28 juin 2011 au conseil municipal de Schiltigheim, une motion proposée par Andrée Munchenbach, s'opposant à la réduction de l'enseignement bilingue paritaire dans les écoles maternelles et élémentaires, a été votée à l'unanimité, après un débat serein entre les élus et l'acceptation d'un « amendement Buchmann ». Grand défenseur du bilinguisme, le premier magistrat d'Ingersheim, Gérard Cronenberger a fait voter une motion identique à celle du conseil régional s'opposant au projet de la rectrice de réduction des heures consacrées à l'apprentissage de la langue allemande. Il précise néanmoins que « l'école bilingue ABCM Jean-Petit n'est pas concernée, ayant un statut d'école privée. »
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Motion
présentée à l'Assemblée Générale le 21
juin 2011 L'OLCA
réuni en Assemblée Générale le 21 juin 2011 exprime sa profonde inquiétude
suite aux propositions du Rectorat dont la presse s'est fait l'écho et
qui pourrait aboutir à la remise en cause de l'enseignement bilingue
paritaire. L'OLCA
réaffirme que cette forme d'enseignement est efficace, populaire et
indispensable à l'avenir de l'Alsace du point de vue culturel, économique
et social. L'OLCA
fait appel à tous les élus d'Alsace pour prendre toutes les mesures,
notamment dans la mise en oeuvre de la Convention Quadripartite, pour que
l'enseignement bilingue paritaire puisse continuer à se développer avec
efficacité non seulement à la maternelle et dans le primaire, mais aussi
dans nos collèges et nos lycées. L'OLCA engage tous les parlementaires à participer activement à la discussion de la proposition de loi sur la promotion des langues régionales qui va débuter le 30 juin au Sénat et qui devra réaffirmer le droit pour les parents d'obtenir pour leurs enfants un enseignement en langue régionale.
* Office pour la Langue et la Culture d'Alsace
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De nombreuses autres réactions sont parvenues.....
et une pétition en ligne circule .... à diffuser largement ..... 300 signatures au bout d'une journée
http://www.petitionduweb.com/Petition_pour_lavenir_des_jeunes_dalsace-9559.html
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A Schànd oder a Wìtz ? Besser Ditsch lehra ìn weniger Stunda !!!!!!!
Eh nei, eh nei ìsch so ebbis meglig ? Eh doch, eh doch fìr d’ Education Nationale ìsch s meglig : dert glàuiwa s d Litt, un sogàr d Gwälta ! Dr zweischprariga Unterrìcht hàlbzitt Frànzesch/ hàlbzitt Ditsch klàpt schiints nìt : - S data viel Schialer uffgah ìm Collège un ìm Lycée : Ke Wunder ! Dr Unterrìcht ìsch so schlacht organisiert, àss manga Eltra sàt bikumma ... - S dat àn Ditsch Lehrer fahla : Ke Wunder : d Junga wu sìch fìr dàs interressiera wara nìt unterstetzt; s gìbt ke speziàla Üssbìldung me ; dr CAPES “bilangues“ wu ìn àndra zweischrachiga Regiona existiert gìbt’s oï nìt; d Lehrer üss dr Schwitz oder üss m Ditschlànd plotscha àn unsra Concours will d meischta Prüfunga uff Frànzesch stàttfìnda .... - Nur d vornàhma, gebìldena Eltra data ìhra Kìnder ìn da Unterrìcht schìcka : Ke Wunder : d’ Education Nationale wàrnt àlla Eltra wu vum Üsslànd kumma un ìhra Kìnder ischriwa wan : “ Jo nìt ! Dia Kìnder han schu s schwara Hìnderniss nìt Frànzesch àls Müettersproch z’hà ! Sìe mian doch vor àllem Frànzesch perfekt réda - un SVP réda Frànzesch mìtna dheim un nìmm d Müettersproch - Sìe kenna doch nìt 2 Sprocha mìtnànder lehra ... “ Tiens, tiens, errìnnert eich dàs nìt àn ebbis ? S’ìsch ìmmer noch “chic de parler français“ ! D E.N. hàt ìmmer noch nìt verstànda àss mr a Müettersproch nìt brücht tééta ìm Hìrn vum a Kìnd fìr àss s àndra Sprocha lehrt ; àss s Kìnd wu 1 Sproch red, gànz güat 2 andra lehra kàt ! Dàs ìsch d normàla Situàtion ìn manga Lander uff dr Walt , vum Luxembourg bis ìn Ìndia …. A àndra Müettersproch hà wia Frànzesch un zwei,drèischprachig wara, sel weissgott a Richtum séé fìr a Kìnd , kei Hìnderniss ! Wer stupft denn so Mumbìtz wia dia Expérience ìn dr Kopf vu unsrem Recteur ? Àcht Stunda seiga bìlliger wia zwelfa ? Un wia steht’s mìt da Junga wu nìt Ditsch kenna un sìch a so dr Wag fìr manga Àrwet sperra ? Unsra Kìnder sìn oï ke Versüachskìngala ! Dr zweischprariga Unterrìcht ìsch vor 20 Johr ìm Elsàss gebàuia wora uff s Model vum Bàskalànd , ìm Ràhma vu dr EN : 12 Stund fïr jeda Sproch un 1 Sproch, 1 Lehrer ! Wìrd dia “Expérience“ vu 8 Stunda ànstàtt 12 oï ìm zweischprachiga Unterrìcht ìn dr Corse un ìm Bàskalànd pràviert ? Eltra vum Elsàss lehn eich nìt màcha !
* Schànd : honte - Wìtz : blague – Unterrìcht : enseignement – Mumbìtz: idiotie
Evelyne
Troxler
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Bilinguisme
à 8 heures… « Un tacle par derrière qui mérite un carton
rouge » À l’annonce de cette nouvelle, j’ai
essayé de comprendre le sens et la portée de cette expérimentation qui
semble en totale contradiction avec tous les acquis scientifiques et expériences
pédagogiques. J’ai repris
mes mémoires universitaires et mes notes héritées de 20 ans d’expériences
professionnelles dans le domaine du bilinguisme scolaire en particulier et
de la prise en compte institutionnelle de la diversité linguistique en général,
tant aux niveaux régional, national (Sénat) et international (ONU). Je
me suis appuyé aussi sur mon implication associative dans la promotion du
français à l’étranger - association culturelle francophone des
Nations Unies, secrétaire général du Souvenir français USA. J’ai
cherché vainement. Mais ni dans le temps, ni dans l’espace, je n’ai
trouvé trace d’une situation qui pourrait appuyer le bienfondé pédagogique
d’une démarche visant à proposer une option à 8 heures d’allemand,
à côté du modèle paritaire à 12 heures… C’est une situation
unique où l’on viendrait au nom de concepts subjectifs mettre à mal ce
qui se fait de mieux en matière d’éducation. Pire,
ce serait aussi une première dans le monde occidental depuis 1945, dans
la mesure où l’on verrait les acquis linguistiques d’un groupe ainsi
revus à la baisse. Des
références à l’équité sociale qui serait malmenée… Nous ne
sommes plus dans le rationnel, mais dans le religieux ! Ces arguties
dogmatiques sans fondement rationnel dissimulent une vérité purement idéologique:
une conception centraliste et parisienne de la culture et du savoir.
C’est un véritable « tacle par derrière » à la compétitivité
future de l’Alsace qui mérite un carton rouge.
Alain Peyrefitte y aurait trouvé inspiration pour un nouveau
chapitre de son « Mal français » (Plon, 1976), dans lequel il
fustige le réflexe d’unitarisme égalitaire de notre administration qui
refoule l’instinct de dépassement et s’inquiète d’un égalitarisme
qui au fond menace l’unité en mettant à mal nos libertés.
Compétiteur
né ayant joué au football en quatrième division nationale, je
m’attendais à ce que la nomination d’une agrégée d’éducation physique et sportive ait
amené un esprit de compétition au rectorat.
Au nom d’une argumentation « dogmatique » en
contradiction totale avec la pédagogie bilingue, on nous donne une leçon
de nivellement par le bas... et on enchaîne tous les coureurs, pour être
sur qu’aucun n’arrive avant l’autre. Proposer une option à 8 heures
- quelles que soient les argumentations - quand on bénéfice d’un modèle
paritaire à 12 heures qui est présenté dans le monde entier comme le
service minimum à accorder à une langue minoritaire (Nouveau-Brunswick,
Val d’Aoste, Luxembourg etc..), « ce n’est pas de l’expérimentation, c’est au mieux du bricolage
dangereux ». Les
études les plus récentes en France montrent que la « durée de
production moyenne » d’un élève de collège qui suit deux heures
de langues par semaine dépasse rarement 5 minutes… par an. Cela en dit
long sur la qualité de nos méthodes d’enseignement traditionnelles des
langues. « Alors
que l’époque et la situation de l’Alsace exige un énorme effort
d’adaptation linguistique, on aurait pu s’attendre légitimement à
une expérimentation vers l’immersion complète, notamment en dialecte ».
Surtout lorsque l’on sait que les deux pays les plus riches du
monde en matière de PIB par habitant, la Suisse et le Luxembourg, ont nos
dialectes alémanique et francique en partage. Cela aurait été
l’occasion aussi d’élargir la base d’enseignants volontaires, qui
sont prêts à enseigner en dialecte, mais qui éprouvent encore des
difficultés en Hochdeutsch. Le
7 mars 2005, un rapport sans précédant des Nations Unies sur les langues
autochtones et minoritaires – offrant une synthèse de statistiques
provenant des expériences de cinq continents – conclut que
l’enseignement dispensé dans la langue nationale dominante est en complète
contradiction avec les théories concernant les meilleurs moyens pour
atteindre les objectifs que vise une bonne éducation. Il ressort que
la durée de l’enseignement dispensé dans la langue minoritaire est le
plus important de tous les facteurs (y compris le statut socio-économique)
qui déterminent la réussite de l’éducation des élèves bilingues »
En
Inde, les résultats obtenus dans les établissements scolaires où
l’enseignement est dispensé dans les langues régionales sont, à
conditions socio-économiques égales, bien meilleurs, sur les plans
cognitifs et linguistiques, que ceux des écoles où la principale langue
d’enseignement est l’anglais ».
L’ensemble des évaluations mondiale souligne que l’enseignement
bilingue utilisant essentiellement la langue minoritaire comme vecteur
d’enseignement produit des résultats supérieurs à toutes les autres méthodes
d’enseignement, s’agissant de l’alphabétisation et de
l’acquisition de connaissances en général, et favorise « l’épanouissement
de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes
mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités ».
Quant
à la diversité sociale, rien ni personne, et surtout pas les politiciens
Alsaciens n’ont jamais empêché le Rectorat d’ouvrir des classes
bilingues dans les zones les plus défavorisées. Ce serait aussi le
meilleur service que l’on pourrait rendre aux populations immigrées. À
ma connaissance, il n’existe pas de meilleur outil d’intégration que
la maîtrise de la langue régionale. Dans une société, où la langue
française est omniprésente, l’audace pourrait nous inviter à imaginer
des jardins d’enfants alsacien/arabe dans certains quartiers
mulhousiens, alsacien/polonais dans certains quartiers des zones minières
de Wittelsheim à forte population d’origine polonaise, avant de passer
au français au CP. Là encore, rien de nouveau de nombreuses expériences
de trilinguisme institutionnel existent dans le monde, notamment en Italie
et en Espagne. La tolérance a de l’avenir si elle devient une réalité
dès l’école maternelle. Le
bon sens nous invite à appliquer en France le principe de l’immersion
que l’Education nationale applique depuis des décennies… à l’étranger.
Mais cela passe par un changement d’état d’esprit qui est encore
fortement miné par une logique de ségrégation linguistique. Il faut
avoir le courage et l’intelligence de se libérer d’une verticalité
pesante et avoir une approche plus horizontale qui est indispensable à
l’amélioration de l’homme. L’unilinguisme est une menace parce
qu’elle limite le champ de notre pensée… et de notre imagination.
Avec huit heures, nous sommes de retour dans la pensée unique.
Une
suggestion de renforcement des capacités et des connaissances
consisterait également à organiser à l’attention des élus et des décideurs
locaux un « colloque alsacien sur l’enseignement bilingue »
qui verrait la participation de représentants des services d’éducation
et régions du monde bénéficiant d’une expérience en matière
d’enseignement bilingue ou trilingue (Val d’Aoste, Sud-Tyrol, Frioul,
Val d’Aran, Pays de Galles, Luxembourg, Eupen, Sorabes etc….).
Il serait alors très intéressant de solliciter l’avis de ces spécialistes
internationaux sur la crédibilité d’un projet à 8 heures.
Il
est aussi indispensable dans un souci de cohérence que les académies
ayant des cycles bilingues à parité soient réservées à des recteurs
ayant une expérience concrète de l’enseignement bilingue à parité,
qui est le modèle vers lequel toutes les écoles et régions de France
doivent tendre, à terme, qu’elles aient ou non une langue régionale en
partage. L’enseignement immersif des sept langues régionales de France
métropolitaines, représente aussi un potentiel inestimable de croissance
économique, notamment du fait que ces sept langues sont toutes, dans des
formes similaires - langues officielles ou nationales d’autres pays
européens. En aucun cas, fort du constat et des évaluations
scientifiques, la deuxième langue ne devra être l’anglais.
Outre
mes expériences professionnelles et associatives, mes réflexions
s’appuient sur un mémoire universitaire (Sept 2009) sur les liens entre
la promotion de l’éducation bilingue français/langues régionales et
la compétitivité économique de la France dans le cadre d’un Master de
relations internationales intitulé
« Geopolitique et langues régionales
en France : de l’utilité de « nationaliser »
les langues régionales » (Institut d’Études politiques de
Toulouse). Thierry
Kranzer
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Point de vue Bilinguisme Réaction À propos du débat qui s’est engagé sur l’enseignement de la langue régionale en Alsace, j’aimerais réagir en tant que linguiste et didacticien de l’enseignement des langues ayant exercé dans différents systèmes éducatifs à l’étranger et ayant collaboré à de nombreuses reprises avec Conseil de l’Europe, en particulier dans le domaine de l’enseignement précoce des langues. Je pense que la précocité est un atout majeur pour l’acquisition d’une langue étrangère en même temps que la langue maternelle. C’est jusqu’à l’âge de sept huit ans que l’enfant est le mieux apte à acquérir deux voire même trois langues. Après cet âge, on peut, bien entendu apprendre des langues étrangères dans le système scolaire, mais l’écolier n’a plus la même malléabilité ni la même spontanéité que pendant la période précédente. Il faut donc profiter de cette période propice pour introduire une langue étrangère dès la maternelle, ce qui se fait de manière tout à fait satisfaisante dans l’enseignement bilingue à horaire paritaire. Et de plus la langue n’est plus uniquement une matière comme une autre. Elle change de statut car comme la langue maternelle, elle devient vecteur d’apprentissage d’une autre matière comme les mathématiques, l’histoire ou la géographie. Maintenant si on examine les résultats de l’enseignement extensif des langues (3 heures par semaine) on ne peut que constater son échec, en particulier dans le domaine de l’expression orale. On a constaté dans une étude du Conseil de l’Europe qu’à la fin des études secondaires les élèves des différents pays européens sont incapables d’avoir une conversation suivie avec leurs camarades étrangers sur un sujet commun comme le sport, la musique, le cinéma… Si on analyse le temps de parole d’un élève tout au long de sa scolarité secondaire dans un système d’enseignement extensif, on constatera qu’il a parlé à peine une demi-heure individuellement ! Il est évident qu’il est difficile voire impossible de pratiquer un entraînement oral valable, dans une classe de trente élèves ou plus ! J’aimerais également revenir sur la façon de procéder de nos autorités éducatives. Les décisions sont prises au sommet sans consultation préalable, centralisme oblige ! Dans les différents pays où j’ai participé à la rénovation de l’enseignement des langues, j’ai toujours insisté sur la participation des praticiens et des enseignants des différents cycles aux commissions pour la réforme des programmes, des méthodes, des examens à côté des spécialistes linguistes, didacticiens, conseillers pédagogiques et inspecteurs. Et c’étaient ces enseignants qui présentaient les nouveaux programmes à leurs collègues lors de stages de formation continue. Ne pourrions-nous pas aussi procéder de façon similaire en exigeant une véritable décentralisation et la mise en pratique de la subsidiarité ? Le bilinguisme franco-allemand n’est pas seulement un atout majeur sur le plan professionnel pour trouver éventuellement du travail en Suisse, en Allemagne ou dans un autre pays germanophone, il a aussi une véritable fonction éducative. C’est aussi une ouverture sur une autre culture, sur une autre façon de vivre et de penser, sur une meilleure acceptation des différences et de l’altérité dans une Europe qui a aboli ses frontières. Je pense que cette dimension éducative est aussi importante que la dimension fonctionnelle de l’apprentissage d’une langue étrangère. Mais pour en revenir à la situation linguistique actuelle en Alsace, il faut soutenir fermement la démarche du monde associatif alsacien afin que la filière bilingue soit maintenue et progressivement généralisée, car seul ce type d’enseignement paritaire est garant d’un véritable bilinguisme dans le cadre scolaire actuel. François Weiss
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MOTION LIMINAIRE PRESENTEE AU CAEN du 28/06/2011 Strasbourg, le 28 juin 2011 Madame le Recteur, Lors de la dernière réunion quadri partite du 27/05, vous avez évoqué le souhait d’expérimenter la « voie bilingue à 8h avec un seul enseignant par classe », aux motifs que vous pouviez y faire des économies, que la mixité sociale serait mieux respectée, et que le nombre actuel d’enseignants qualifiés en allemand était insuffisant. Vous avez également choisi d’informer les alsaciens par voie de presse et en particulier les parents d’élèves. Ceci est à l’opposé du dialogue prôné par vos prédécesseurs et qui pourtant, semblait pouvoir se poursuivre avec votre prise de fonction dans l’académie en cette fin d’année dernière.Nous nous portons en faux contre vos arguments pour les 4
raisons suivantes : 2. La « nouvelle pédagogie » que vous prônez, serait inefficace voire elle conduirait à un désastre si elle était mise en oeuvre. Avec la suppression du principe « un maître une langue », les élèves perdraient leurs référents respectifs dans les 2 langues enseignées que sont le français et l’allemand.3. La mixité sociale est déjà de fait très largement répandue dans les sites bilingues bien en place ; c’est-à-dire là où une information de qualité a pu être donnée aux parents et où personne n’est venu saboter le choix des familles lors du processus d’inscription à l’entrée en maternelle et lors des passages en élémentaire puis au collège4. Murée dans une sorte d’autisme, l’Académie a toujours refusé de faire évoluer le dispositif d’embauche de compétences germanophones, privilégiant la sélection par un concours valorisant la maîtrise parfaite du français là où la compétence recherchée est la maîtrise de allemand.Vous avez par ailleurs annoncé qu’il s’agissait d’une expérimentation. Nous nous interrogeons donc sur l’intérêt à dépenser le denier public dans une telle expérimentation sans avoir fait au préalable le bilan complet du dispositif actuel et apporté la preuve qu’il faut en changer ? La véritable expérimentation dont l’Alsace a besoin ne serait-elle pas de caler le système éducatif sur les besoins régionaux en souffrance ? Nous vous demandons par conséquent un moratoire sur cette démarche et d’axer vos effort sur : 1. L’aménagement du concours spécifique régional afin qu’il permette d'intégrer sans discrimination les enseignants germanophones compétents dont l’enseignement bilingue a besoin de toute urgence.2. L’instauration de Capes bivalent 3. A l’horizon de 2020, l’objectif d’une maîtrise opérationnelle de l'allemand à la fin de la scolarité obligatoire pour tous les jeunes en Alsace et dans toutes les filières d’enseignement développées en Alsace ; cela passe par une promotion forte du BREVET DES COLLEGES en ALLEMAND, des filières ABIBAC et SESA mais également l’instauration d’un diplôme au baccalauréat comprenant une mention « bilingue ».4. La mise en place d’une offre bilingue paritaire sur tout le territoire alsacien pour toutes les familles qui le souhaitent ; cela suppose une communication de qualité, formalisée par écrit et systématisée à tous les parents d’enfants en âge d’entrée en maternelle en Alsace.5. La création d’une nouvelle commission permanente travaillant à la pérénisation des sites bilingues, traitant en toute transparence les dossiers d’orientation des élèves et permettant de planifier les moyens.L’APEPA continuera son travail de force de propositions constructives à l’écoute des réalités et des attentes des familles alsaciennes. Thierry LOTH Président APEPA 2, rue des frères 67000 STRASBOURG Tel.03.88.24.25.26 www.apepa.fr info@apepa.fr
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Comité fédéral : « Un stratagème pour leurrer les familles »Au nom du Comité Fédéral des associations pour la langue et la culture régionales en Alsace et en Moselle, Richard Weiss estime que les projets du recteur « sonneraient définitivement le glas de l’enseignement bilingue, ainsi que de la maîtrise de l’allemand/langue régionale et la connaissance des dialectes ». Pour Richard Weiss, « les huit heures d’allemand ne sont qu’un stratagème pour amadouer et leurrer les familles et les élus. Dans quelque temps, ces huit heures seront réduites à six, puis à trois et enfin à 1 h 30 d’allemand par semaine. » Concernant le coût, il estime que « l’enseignement bilingue paritaire ne coûte pas plus cher que l’enseignement monolingue » et rappelle que « les trois collectivités territoriales, Région et Départements, seul cas en France, cofinancent cet enseignement à raison de trois millions d’euros par an ». Concernant l’encadrement, il estime que l’académie, « délibérément, défavorise le recrutement des germanophones natifs afin de pouvoir prétendre qu’elle [la région] manque de compétences linguistiques dans son personnel enseignant. Cela fait plus de 20 ans que cet argument particulièrement ridicule est avancé. » S’agissant des concours, il poursuit : « Actuellement le ministère et l’académie organisent méthodiquement leur rareté dans l’enseignement bilingue en mettant un maximum d’épreuves en français », alors que « les Allemands constituent par leur nombre la première communauté étrangère européenne en Alsace et que de très nombreux candidats potentiels sont ainsi volontairement découragés ou écartés ». Richard Weiss rappelle aussi que « sur un recours de deux enseignants contractuels, le tribunal administratif de Strasbourg a condamné l’académie : en effet celle-ci, au mépris de la loi, exige des contractuels germanophones européens ayant la qualité de titulaires dans leur pays de représenter les concours français alors que la législation européenne permet ici leur intégration directe en qualité de titulaires ». Ainsi, pour le Comité fédéral, il convient d’ « étendre l’enseignement bilingue paritaire à tous les élèves intéressés sur tous les territoires de l’Alsace, à tous les secteurs de recrutement des collèges », « à faire aussi changer les dispositions linguistiques des concours de recrutement afin de pouvoir engager par concours des germanophones natifs venant du reste de l’Europe », « à faire assurer effectivement pour tous nos enfants, dès la maternelle, conformément à la convention, en qualité et quantité, les trois heures d’allemand par semaine, encore très théoriques en primaire ». le 28/06/2011 L'Alsace
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Michèle Striffler rejette « les réponses du recteur »
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Communiqué de la coordination des associations de promotion de l’enseignement bilingue paritaire du
29
juin 2011 Les
associations de promotion de l'enseignement bilingue paritaire,
regroupées en coordination, se sont réunies le 29 juin dans les locaux
de la René-Schickele Gesellschaft- Culture et bilinguisme d’Alsace et
de Moselle à Strasbourg et ont réitéré leur refus de l'expérimentation
d'un dispositif qui réduirait à 8 heures par semaine l'enseignement de
l'allemand, langue régionale, à la rentrée 2012. Estimant
que les conditions d'un échange constructif et serein n'étaient
pas réunies, les associations ont demandé le report de la réunion
proposée par le Recteur afin que soit défini un ordre du jour concerté
et que soient réunies les conditions d'un véritable échange avec
l'institution. Les
associations ont par ailleurs décidé de solliciter
des entrevues auprès des Présidents des trois collectivités
territoriales, afin de les rendre attentifs aux nombreuses erreurs qui
sous-tendent le projet rectoral et de leur rappeler les principes pédagogiques
du système bilingue paritaire qui ont fait leurs preuves depuis 20 ans en
Alsace. Les associations leur demandent d'exiger officiellement le retrait
du projet rectoral et de s'engager publiquement à maintenir et à développer
l'offre bilingue pour toutes les familles d'Alsace qui le souhaitent. La
coordination
– composée d'associations de parents d’élèves, d’enseignants, de
gestion de classes bilingues et de promotion de la langue régionale,
demande - avec le soutien du monde économique, que soient assurées les
conditions de réussite de la filière, exposées dans l'arrêté ministériel
du 12 mai 2003 et dans les Conventions État-Région, à savoir : début
de la scolarité bilingue dès l'entrée en maternelle, parité horaire,
principe " 1 maître - 1 langue ", continuité, au nom
de l'égalité des chances, du cursus paritaire dans tous les collèges et
tous les lycées, et ce notamment dans les filières techniques et
professionnalisantes. La coordination réaffirme avec force
que la réussite de la voie bilingue dépend essentiellement de la mise en
place d'une politique sérieuse de recrutement et de formation d'un corps
enseignant germanophone. On
ne change pas une formule gagnante ! Eltern,
Lehrer, Comité Fédéral, Culture et Bilinguisme/René
Schickele-Gesellschaft, ABCM-Zweisprachigkeit, ICA 2010 (Initiative
citoyenne 2010), Sacba (Société des Amis de la Culture Bilingue en
Alsace), Heimetsproch un Tradition, AJFE (Association Junge fers Elsässische)
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Bilinguisme Début
de réponse aux détracteurs du projet rectoral Le recteur de l'académie de
Strasbourg a réagi hier soir, pour la première fois, aux nombreuses
critiques provoquées par ses projets en matière d'enseignement bilingue. Ses réponses à quelques questions sur le plateau de
France 3 Alsace étaient une amorce de communication qui lui a notamment
permis de préciser qu'« on ne met pas fin à la parité » français-allemand,
que l'expérimentation ne débutera qu'en 2012 et qu'elle ne portera que
« sur certaines ouvertures » de classes bilingues en cours préparatoire.
C'était bien peu, contraint il est vrai par le format télé, pour
riposter au feu nourri qui a accueilli l'avancée d'Armande Le Pellec
Muller. Peu de chances aussi de voir les salves se ralentir,
puisque le recteur a réitéré des arguments déjà contestés, notamment
celui de la faible « plus-value » du bilinguisme paritaire -- elle a
rappelé que 5 % seulement des 17 000 élèves, engagés dans la voie
au primaire, poursuivent au collège --, ou encore le fait que le
paritaire serait « discriminatif » et que l'on pourrait attendre de la
nouvelle formule, proposant huit heures d'allemand et 16 heures de français,
« une plus grande ouverture à la mixité sociale »... Interrogée sur son état de préparation à un tel
rejet, Armande Le Pellec Muller a affirmé qu'elle n'était pas étonnée,
« à cause des grandes traditions » alsaciennes en la matière. « Mais,
a-t-elle plaidé, ce n'est pas parce que le bilinguisme paritaire existe
qu'il ne faut pas tenter une autre voie. » La moindre source de nouvelles
polémiques ne sera sans doute pas son affirmation que les représentants
des collectivités auraient « acté » l'expérimentation dans le cadre
du comité quadripartite. À en juger par la motion votée vendredi au
conseil régional, il ne semble pas que la chose soit aussi entendue que
cela! Enfin, Armande Le Pellec Muller aura le loisir de développer
toute sa force de persuasion en recevant cette semaine, comme elle l'a
annoncé, les associations pour le bilinguisme. Luc Marck
L'alsace, Mardi le 28 Juin 2011
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Éducation
Le recteur : « On ne touche pas au bilinguisme paritaire » Armande Le Pellec Muller s'exprime sur son projet controversé d'expérimenter un bilinguisme à 8 heures d'allemand en 2012. Est-ce le projet de Mme Le Pellec Muller, ou répond-il à des directives nationales ? Il s'agit d'une démarche qui est au sein de l'académie de Strasbourg où l'Éducation nationale mène une politique extrêmement ambitieuse dans le domaine de l'enseignement de la langue régionale, avec les collectivités territoriales. En arrivant dans l'académie de Strasbourg, j'ai été particulièrement intéressée par une politique volontariste en matière de formation professionnelle et d'apprentissage, et par cette politique des langues. Il se trouve que les deux points se sont rejoints : je me suis déplacée dans les lycées professionnels, j'ai travaillé avec nos partenaires des chambres consulaires, j'ai rencontré des partenaires du monde industriel et à chaque fois, on me disait : il y a de l'emploi transfrontalier, il y a des milliers d'emplois, des opportunités fortes, mais nos jeunes ne savent plus parler l'allemand, pour pouvoir les saisir. Alors ces questions récurrentes m'ont conduite à regarder de plus près notre politique des langues. Ce faisant, n'avez-vous pas l'impression d'avoir entamé un dogme -- le bilinguisme paritaire -- « minimum syndical » pour les uns, pierre angulaire, pour les autres ? Très précisément : on n'y touche pas ! Il n'a jamais été question -- et c'est là qu'il y a une incompréhension -- d'effriter le cursus bilingue paritaire. Il est pérennisé. Ce qu'on souhaite, c'est y amener plus d'élèves et d'ouvrir sa base sociologique de recrutement. Aujourd'hui, en maternelle et dans le primaire, nous avons 10 % des élèves qui sont dans ce cursus. Et puis nous avons un désir d'allemand, puisque nous avons aussi 73 % des élèves dont les familles ont choisi l'enseignement extensif d'allemand. Moi, ce qui m'intéresse, c'est : comment fait-on pour amener plus de familles à choisir, pour leurs enfants, le cursus bilingue paritaire ? Et je dis : c'est en essayant d'ouvrir la base sociologique, puisque le cursus bilingue, tel qu'il est aujourd'hui organisé au 1er degré, au collège, au lycée, lorsqu'on s'y engage, on y réussit bien. Sauf que son recrutement sociologique se fait plutôt du côté d'enfants qui sont issus de familles des catégories socio-professionnelles moyennes à aisées... « Nous proposons le bilinguisme progressif » Donc, ce que nous proposons, c'est que le choix du bilinguisme se fasse de manière progressive et, dans l'expérimentation, nous voulons jouer sur deux leviers. Le premier, c'est le nombre d'heures, faire en sorte que certaines familles choisissent que leurs enfants en fassent plus, en passant de trois heures d'allemand à huit heures, pour qu'elles soient rassurées. Parce que certaines familles trouvent le cursus bilingue paritaire intimidant, parfois trop académique (on a l'impression que les enjeux, pour les enfants, sont très élevés parce que cet enseignement s'appuie beaucoup sur des disciplines scolaires telles que les mathématiques ou la géographie). Et pour y aller, on leur propose une nouvelle démarche pédagogique : ces huit heures s'organiseront à raison de deux heures par jour, et non pas sur des temps (dans le cursus paritaire, pour un élève de CP, c'est : deux profs, avec des jours où j'apprends en français, et des jours où j'apprends en allemand). Aux enseignants, on demandera de faire des choix, non plus de disciplines en tant que telles, mais de partir d'une base plus large de disciplines. Alors, ça peut être les maths, la géo, mais ça peut être aussi des démarches d'investigation en sciences, l'enseignement artistique ou l'éducation physique, tout un panel de disciplines qui ne seraient pas choisies pour elles-mêmes, mais parce qu'elles proposent des thèmes, ou des situations, des activités propices à l'acquisition de la langue parlée, c'est-à-dire de communication. Donc, l'objectif c'est que l'élève maîtrise mieux l'allemand au sens de la langue générale de communication, et de former moins de spécialistes du lexique, des maths, de la géographie, mais plus d'élèves généralistes, qui maîtrisent les bases du langage. Quand on dit qu'on ferait plus en 2012, si on met en oeuvre cette expérimentation, c'est que, progressivement, on accompagnerait les familles « 3 heures » vers 8 heures et que, peut-être, parmi ceux qui font 8 heures, à l'entrée au collège, certains passeront au paritarisme ou, en cours de cursus, du CP au CM2, peut-être que certaines familles, rassurées, amèneraient leurs enfants à passer de 8 heures à 12 heures ? Pour revenir à la structure « sociologique » du bilinguisme paritaire, aucun de vos prédécesseurs n'avait voulu accepter l'idée de ce déterminisme. Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Les élèves qui poursuivent le cursus jusqu'au bout -- de la maternelle jusqu'à l'Abibac, puisque c'est le cursus qui est le plus légitime, avec 9 heures d'allemand -- en effet, on a une sur-représentation d'enfants qui sont issus de familles de classes moyennes et plus. Et lorsque je parlais de l'insertion professionnelle, cela me préoccupe. Car le cursus bilingue en collège, c'est 3,9 % de nos élèves, en Abibac, c'est 2,5 %, un peu plus de 1 000 élèves ! Alors même qu'en 6e, il y a un vrai désir d'allemand aussi, avec les bilangues qui, à la rentrée 2010, représentaient 51 % des effectifs. Pour faire en sorte que nos élèves puissent avoir de l'insertion professionnelle, y compris dans le transfrontalier, j'essaie de rajouter de la politique des langues au niveau du lycée technologique ou du lycée pro, mais si on avait plus d'élèves continuant dans le 2nd degré dans le système bilingue, on aurait plus d'élèves aussi qui auraient pratiqué l'allemand. Pour vos détracteurs, s'il n'y a pas davantage de continuité, c'est parce qu'il n'y a pas assez d'offre bilingue dans les collèges... Si, dans le 1er degré, les classes bilingues étaient toutes bien remplies, on pourrait avoir suffisamment d'élèves pour nourrir des ouvertures de classes bilingues en collège ! Je veux simplement dire que les ouvertures de cursus bilingues en 2nd degré se font et se feront toujours de façon logique, en fonction de la demande. Si à un moment donné, on a de la demande suffisante pour ouvrir des classes avec les normes habituelles d'ouverture de classe en collège, il n'y a pas de raison qu'on ne continue pas d'ouvrir ces classes. Après, c'est la question de la désaffection qui fait qu'on ne peut pas ouvrir en collège, en bilingue, avec des normes très différentes des classes monolingues. Dans un contexte de restriction budgétaire, certains vous accusent d'être surtout motivée par la chasse aux suppressions de postes. Dans le 1er degré, les élèves ont 24 heures d'enseignement, alors qu'il y ait 3 heures en allemand, 8 heures ou 12 heures... Le surcoût vient de quoi ? Des seuils de dédoublement essentiellement, c'est-à-dire que, dans les écoles où on a du monolingue ou du bilingue, il y a des effets de seuil, qui font qu'à un moment donné, pour pouvoir équilibrer ceux qui ont choisi le monolingue et ceux qui ont choisi le bilingue, eh bien, ça génère du surcoût. Mais le surcoût vient aussi de l'ouverture de classes bilingues à effectifs réduits. Maintenir des cursus à 8 heures ou des cursus à 12 heures, c'est la même problématique. Donc, je serai toujours dans la même problématique, où, pour ouvrir une classe bilingue dans le 1er degré, je devrai de temps en temps le faire à effectifs réduits, parce qu'il y a aussi des territoires ruraux. En tout cas, il n'y a pas d'ambition de faire des économies de ce point de vue. Tout ce que je souhaite c'est qu'il y ait plus d'élèves qui choisissent, soit le bilingue progressif, soit le bilingue paritaire, mais qu'au bout du compte, cet engouement fasse qu'en installant mieux le bilingue, ces surcoûts soient réduits. Pour l'État, l'enseignement bilingue, c'est 12,5 millions d'euros et on ne va pas se désengager, bien au contraire ! L'autre écueil, que vous avez vous-même pointé, est le manque d'enseignants germanophones... À la rentrée 2012, on va mettre en place une expérimentation qui permettra de passer de 3 à 8 heures (et pourquoi pas à 12 heures), en y consacrant quelques sites sur la quinzaine d'ouvertures annuelles de nouvelles classes. Sur la base de la discussion et du volontariat. Donc, il nous faut de nouveaux enseignants. Il se trouve que des enseignants intervenant aujourd'hui dans l'enseignement extensif d'allemand à 3 heures, et qui ne seraient allés dans le paritaire, sont tout à fait partants pour cette expérimentation de l'enseignement de l'allemand précoce à 8 heures, sur la base de la pédagogie que j'ai évoquée. Par ailleurs, si le cursus paritaire s'appuie aujourd'hui sur la logique « un maître, une langue », l'école élémentaire a aussi une grande tradition, qui dit qu'« on fait la classe », parce qu'« une classe égale un maître ». Alors, l'idée de l'expérimentation à 8 heures, c'est de dire -- c'est aussi un sujet sensible et je dis que ce n'est qu'une des possibilités de l'expérimentation -- on pourrait avoir un maître qui enseigne les 8 heures en allemand et les 16 heures en français. À condition qu'il soit germanophone et que ses compétences en langue allemande soient testées. C'est-à-dire qu'il ait toutes ses certifications. Mais, on augmenterait du coup le besoin en enseignants germanophones, alors qu'on n'en a déjà pas assez ? Il n'y a pas de contradiction, à partir du moment où ceux qui souhaitent s'engager dans l'expérimentation sont ceux qui aujourd'hui enseignent, à 3 heures, l'allemand extensif. Ceux-là n'iraient pas dans le bilingue paritaire auquel on n'enlève donc pas ses ressources. En revanche, on a aujourd'hui, avec eux, des ressources disponibles, mais qui n'enseignent que 3 heures alors que certains veulent bien faire plus, c'est-à-dire enseigner 8 heures. « Une expérimentation qui apporte un plusà l'Alsace » Quant au problème général du manque de professeurs germanophones et des solutions suggérées, comme les modifications de diplômes nationaux (Capes), cela dépend de logiques nationales. Moi, pour l'heure, je suis dans une logique de l'Académie de Strasbourg, en région Alsace, j'ai des questions posées autour de cet enseignement de la langue régionale et j'essaie d'y répondre avec mes moyens, pour faire mieux. Vous avez dit l'autre soir que votre projet avait été « acté » par la commission quadripartite, mais le conseil régional vendredi dernier, était plutôt critique vis-à-vis de votre initiative ? Tout ceci est un problème de communication. Lorsqu'on propose une expérimentation, elle doit être discutée avec l'ensemble des partenaires. C'est la raison pour laquelle ces expérimentations sont faites pour la rentrée 2012 et pas la rentrée 2011. Mais on a réagi sur des propos extraordinairement parcellaires et erronés par rapport au dispositif complet. Il faut savoir, à un moment donné, même si on est sur des réactions fortes, raison garder. Et laisser le temps, à l'Éducation nationale, à l'Académie, au recteur, de présenter l'ensemble des arguments. Je rencontre les associations d'ici à la fin de l'année scolaire, les fédérations de parents d'élèves, les représentants des maires. Je suis donc sur une démarche très éloignée de quelque chose d'imposé. C'est une expérimentation qui apporte un plus à l'Alsace : j'ai envie qu'on amène plus d'élèves à pratiquer le bilinguisme. C'est ma seule volonté aujourd'hui. Propos recueillis par
Luc Marck L'alsace, Jeudi le 30 Juin 2011
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Unis
pour défendre l'enseignement bilingue paritaire ! Schiltigheim
offre depuis une quinzaine d'années l'accès précoce à un enseignement
bilingue paritaire français/allemand dans plusieurs de ses écoles –
c'est d'ailleurs moi, Andrée MUNCHENBACH, qui suis à l'origine de
l'ouverture du premier site bilingue, au square du Château en 1996. Cette
formation bilingue non seulement contribue à l'épanouissement et
l'ouverture culturelle de nos enfants, mais elle constitue également un
atout important pour leur avenir professionnel dans une région qui bénéficie
traditionnellement d'un partenariat économique privilégié avec les pays
voisins, tous germanophones. Alors
que des instances économiques locales (CCI, MEDEF...) affirment l'urgence
de « relancer un bilinguisme volontaire » et affirment que
« la perte du bilinguisme naturel, accessible par la pratique de
l'alsacien, contribue très largement au déclin de l'activité en Alsace
et donc à la croissance du chômage » (M. KLOTZ, Président du
MEDEF 67), la Rectrice de l'Académie de Strasbourg annonce unilatéralement
l'expérimentation d'une réduction de 12h à 8h de l'enseignement en
allemand dès la rentrée de 2012, ce qui risque de conduire à la
suppression de la parité (12h - 12h). Sur
notre proposition, le Conseil Municipal du 28 juin s'est exprimé
unanimement pour affirmer son attachement à l'enseignement précoce
paritaire français/allemand qu'il faut développer et pouvoir proposer à
tous les enfants. Il s'oppose à une réduction des heures d'enseignement
en allemand langue régionale et à la remise en cause du principe de
parité. Nous
remercions l'ensemble de nos collègues élus pour cette belle unanimité
sur une question déterminante pour nos enfants et notre région. Les
Ecologistes Indépendants: Andrée MUNCHENBACH,
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La
rectrice, mauvaise cible pour ceux qui ont mauvaise conscience
Ne
pas hésiter à saisir le Tribunal administratif s'il le faut
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L’UMP
contre le projet rectoral Les
deux secrétaires de l’UMP, André Reichardt pour le Bas-Rhin,
Bernadette Thiébaut pour le Haut-Rhin « déplorent avec la plus grande
force le projet qui vise l’expérimentation dans le 1 er degré d’un
nouveau dispositif bilingue plus restrictif ». Ils estiment que c’est
« rayer d’un trait de plume […] un fonctionnement qui fait consensus
aujourd’hui dans la région ». L'Alsace
29/06/2011
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Les
propositions de Force Centriste
Au nom de Force Centriste Alsace, Bernard Stoessel réagit à son tour. Le projet du recteur est, selon lui, « un signal extrêmement négatif et préoccupant » et une « remise en cause de vingt années de progrès dans l’enseignement en Alsace ». M.Stoessel rappelle notamment que « lors du vote de la convention 2007/2013 par le conseil régional d’Alsace, le président Adrien Zeller avait réaffirmé avec force que celle-ci était en matière d’enseignement bilingue à parité horaire un minimum à atteindre et qu’il fallait dépasser ». En conséquence, il fait plusieurs « propositions » : que les trois collectivités alsaciennes, « qui se sont engagées en 2007 par un vote solennel […], exigent une renégociation à la hausse de cette convention réduite à une peau de chagrin », que, dans ce cadre, elles obtiennent « une augmentation à court terme des moyens mis en œuvre pour développer l’enseignement bilingue à parité horaire », que soit posée « la question d’une législation garantissant l’enseignement des langues régionales », les prochaines élections représentant, selon lui, des occasions privilégiées « de poser les questions essentielles ».
PCF
: « Supprimer des enseignants »
Aline Parmentier, secrétaire départementale du PCF, voit dans l’initiative du rectorat une pièce supplémentaire du dispositif voulu par le chef de l’État lui-même pour « réduire le temps passé à l’école et de faire des économies sur l’éducation. L’objectif visé n’est-il pas de sortir à terme l’enseignement bilingue du secteur public d’éducation ? », interroge la responsable communiste, qui appelle « nos élus régionaux et les conseillers généraux des deux départements (à) prendre leurs responsabilités ».
L’UMP
67 aussi
Le sénateur André Reichardt et Bernadette Thiebaut, respectivement président et secrétaire départementale de l’UMP 67, déplorent « avec la plus grande force le projet de Madame la Rectrice ». « Il est inexact d’expliquer, comme le fait Mme la Rectrice, que ce dispositif expérimental va dans l’intérêt des Alsaciens. Il relève en réalité d’une tentative de mettre fin aux spécificités et à la richesse des classes bilingues alsaciennes », déclarent les responsables UMP, qui évoquent l’absence de « réelle concertation ». DNA
29/06/2011
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Madame
la Rectrice, Nous
avons appris avec surprise les mesures envisagées par Ie Rectorat de l'Académie
de Strasbourg concernant des changements dans Ie dispositif d'enseignement
bilingue à parité horaire. Le
projet nous semble remettre gravement en cause les principes mêmes de la
parité, tels que les textes en vigueur les ont poses et tels qu'i1s sont
mis en oeuvre dans les
autres régions concernées. L'Association
pour Ie Développement de I'Enseignement Bi-/plurilingue (ADEB) est une modeste
Association 1901
qui encourage la mise en place de dispositifs bilingues
paritaires là
où c'est pertinent, notamment dans Ie cas de l'existence
d'une langue régionale, d'une
situation géographique frontalière, ce qui est bien entendu Ie cas de
l'Alsace Moselle. L'ADEB
travaille à développer
I'enseignement bilingue dans la mesure où iI est patent,évalue
positivement et officiellement depuis des décennies,
que de tels dispositifs facilitenttout
a la fois les apprentissages de la langue
française, de la deuxième langue, mais aussi ettrès
vite d'autres langues en développant
une « éducation linguistique » de nature a
motiveret
accélérer leurs apprentissages. C'est
pourquoi I'ADEB tient a marquer la vive inquiétude
de ses membres et à exprimer sonsoutien
aux instances et responsables divers qui, sur la base d'une argumentation
fondée, demandent
que soient respectées les formules réglementaires actuelles et que
soient améliorées les conditions concrètes de leur
fonctionnement. Daniel
COSTE
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Patrick Binder, conseiller régional d'Alsace, se demande comment « avec trois députés, un sénateur et un ministre, est-il possible de voir remettre en cause le travail accompli pour l'enseignement bilingue en Alsace ? » L'élu FN propose une nouvelle organisation de l'enseignement de l'allemand, du périscolaire au lycée, et appel à « une véritable coopération tri Rhénane », avec le recours à des professeurs et enseignants germanophones.
Le député du Bas-Rhin, André Schneider, a de son côté écrit au ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel. « Cette réduction est inquiétante », écrit l'élu UMP. Le bilinguisme est la racine. L'Alsace est une région transfrontalière. Les élèves de l'école primaire d'aujourd'hui seront les professionnels de demain ».
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Le recteur a « rassuré » le CÉSER
Dans la polémique qui le met aux
prises avec un certain nombre d’associations et d’hommes politiques
alsaciens, le recteur a reçu un soutien de choix du bureau du CÉSER, le
Conseil économique, social et environnemental régional.
À l’issue de
l’audition de Mme Le Pellec Muller par le CÉSER, hier, le président
Stalter, entouré de plusieurs de ses vice-présidents, s’est déclaré
« rassuré » par l’intervention du recteur, qualifiée de « plus que
positive ». « Il était important qu’on sache comment le recteur voit
l’enseignement bilingue, après la polémique de ces dernières semaines
», avait déclaré en préambule le président du CÉSER, qui a également
déclaré avoir reçu l’assurance que « le rectorat publiera en fin de
semaine une note sur l’état du bilinguisme en Alsace ». Quelque peu à
contre-courant de la plupart des prises de position sur le sujet, Bernard
Stalter a indiqué qu’au CÉSER, en tout cas, « tout le monde a été
convaincu qu’on allait dans le bon sens ». À savoir : « Faire aller
tous les jeunes Alsaciens vers le bilinguisme. »« Ce que veut faire le
recteur est louable, on ne peut qu’adhérer à ce système voulant que
le bilinguisme ne soit pas réservé à l’élite », a encore expliqué
M. Stalter. On aura compris que
le recteur a répété, devant les représentants de la société civile,
ce que Mme Le Pellec Muller avait déclaré dans l’interview accordée,
la semaine dernière, à L’Alsace : pas question d’abandonner
l’enseignement paritaire 12 heures/12 heures dans le premier degré,
mais faire accéder, parallèlement, davantage d’élèves au bilinguisme
en les faisant passer du régime actuel de trois heures d’allemand
hebdomadaires à celui, expérimental en 2012, de huit heures (et seize
heures en français) par semaine. Pour autant, a
rappelé le vice-président (Éducation et formation) Jean-Louis Hubrecht,
« il nous appartiendra de construire un avis, après avoir écouté
toutes les parties prenantes ». M. Hubrecht a également rappelé
que le CÉSER avait déjà rendu deux avis sur la question, qui avaient
notamment mis en avant la nécessité de maintenir « l’apprentissage de
la langue du voisin et des langues en général, dès le plus jeune âge
», mais aussi d’explorer « d’autres voies » pour atteindre une
meilleure maîtrise linguistique, dans le cas, par exemple, des demandeurs
d’emploi ou des jeunes de l’enseignement professionnel. Reste que, depuis la
situation nouvelle créée par l’annonce du projet rectoral, l’avis du
CÉSER n’a pas été sollicité par le président du conseil régional.
Le CÉSER peut toutefois s’en auto-saisir, convaincu qu’il serait de
l’importance d’un dossier, dont il dit ne pas méconnaître les
difficultés, au premier rang desquelles la nécessité de trouver
suffisamment d’enseignants germanophones pour encadrer les élèves. CONSULTER
Le rapport d’activités 2010 ainsi qu’un « guide pratique » du CÉSER
sont disponibles sur www.ceser-alsace.eu ou, sur demande, à la Maison de
la Région, 1, place Adrien Zeller, à Strasbourg.
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Séance Plénière du Conseil régional d'Alsace du 24 juin 2011 MOTION Menaces sur l'enseignement bilingue paritaire Le Conseil régional d'Alsace réuni en Séance Plénièe le 24 juin 2011 exprime sa profonde inquiétude suite aux propositions du Rectorat dont la presse s'est fait écho et qui pourrait aboutir à la remise en cause de l'enseignement bilingue paritaire. Le Conseil régional réaffirme que cette forme d'enseignement est efficace, populaire et indispensable à l'avenir de l'Alsace du point de vue culturel, économique et social. Le Conseil régional fait appel à tous les élus d'Alsace pour prendre toutes les mesures, notamment dans la mise en oeuvre de la Convention Quadripartite, pour que l'enseignement bilingue paritaire puisse continuer à se développer avec efficacité non seulement à la maternelle et dans le primaire, mais aussi dans nos collèges et nos lycées. Le Conseil régional engage tous les parlementaires à participer activement à la discussion de la proposition de loi sur la promotion des langues régionales qui va débuter. Philippe Richert, Ministre-Président du Conseil Régional d'Alsace
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Monsieur le Président
CESER Bernard Stalter, Dans le journal l’Alsace
de ce jour j’ai noté votre prise de position sur le bilinguisme et
votre souhait d’écouter les différentes parties sur cette question. Je ne suis plus directement
partie prenante, mais en tant qu’ancien administrateur de la FCPE 68 et
de ELTERN 68, actif durant plus de 20 ans dans ces associations de parents
d’élèves, je souhaite vous communiquer mon avis, ici limité à
quelques points Elitisme
de l’enseignement traditionnel : Le bilinguisme n’est pas
réservé à une élite. 80% des enfants de la planète sont naturellement
bilingues. On pourrait imaginer le futur des jeunes alsaciens ailleurs que
dans ces 20% restants ! Pour ce qui est du
bilinguisme scolaire, les Canadiens, les Luxembourgeois et ici en Alsace
ABCM, savent rendre accessible la compétence bilingue à tous les élèves. Même au sein de notre
Education Nationale des directions d’école motivées et compétentes y
arrivent. Ainsi en est-il à Rixheim, ou fonctionne une école maternelle
bilingue en zone sensible et difficile. L’immersion linguistique
précoce démocratise l’enseignement des langues au contraire de la pédagogie
traditionnelle qui la réserve à une minorité, « l’élite »,
les 20% d’élèves des filières
nobles. Car la pédagogie
traditionnelle des langues, tout comme l’ensemble du système éducatif
français est élitiste. Et il est vrai cette
tendance déteint même sur l’enseignement bilingue qui devient élitaire
quand il est bricolé ou saboté par l’Education nationale par
l’emploi de personnel à dominante francophone, par l’utilisation du
français en séquence d’allemand, par le dénigrement de cette voie
d’apprentissage par ceux la même qui sont sensés la promouvoir et le gérer. Intérêt
de l’allemand L’allemand n’est pas
seulement langue du voisin, comme le suggèrent vos propos. Il est aussi
notre langue, celle des 50% des Alsaciens dont c’est la langue
maternelle. Par ailleurs la compétence
bilingue précoce permet d’accéder facilement à l’allemand et à
d’autres langues. L’allemand est utile ici
non seulement pour les quelques milliers de frontaliers dont le nombre
diminue (et pour cause !) mais aussi aux artisans qui souhaitent
franchir le Rhin, au vigneron qui veut vendre son vin, aux entreprises qui
exportent, à tous ceux qui souhaitent travailler, acheter, circuler, se
distraire, se cultiver, vivre dans cette région dite du Rhin supérieur,
et qui ne veulent pas se replier sur un espace
culturel et géographique limité à sa dimension francophone.
Cette perspective pourtant bien engagée impacte lourdement la richesse et
la qualité de vie en Alsace. Enseignants
germanophones Installer la langue
allemande chez un apprenant francophone suppose un contact suffisant et de
qualité avec un locuteur germanophone de langue maternelle ou de compétence
équivalente. Très rares sont les
personnes et donc les enseignants à posséder cette double compétence opérationnelle
en allemand et en français. Le concept de
un maître/une langue est donc incontournable dans 95% des
situations. A l’Education nationale
on en est encore à former et recruter des enseignants francophones pour
enseigner en allemand. On imagine aisément les dégâts. Perspectives Plutôt que de rexpérimenter
une énième fois des méthodes qui ont échoué, on pourrait par exemple : -
Généraliser l’enseignement bilingue paritaire, la formule dont
on connaît à présent le mode d’emploi (le teste à la rentrée 2011,
sur une circonscription, un canton, par exemple celui de Habsheim ou plus
de 50% des élèves de maternelle sont en voie
bilingue ; le généraliser l’année suivante dans la petite
section de toutes les écoles maternelles d’Alsace) -
Tester les 8H, certes, mais dans ce cas
avec un enseignement exclusivement germanophone -
Tester en maternelle l’immersion à 100% en allemand (c’est
jouable, je l’ai vécu, comme les autres Alsaciens,
pour le français, et suis ravi d’être ainsi à l’aise dans
plusieurs langues) et lorsque un équilibre entre les deux langues sera
atteint continuer en mode bilingue paritaire -
Installer des lycées franco-allemands dans les principales villes
d’Alsace. Cela marche à Freiburg, Saarbrücken pourquoi pas en Alsace ? -
prévoir des épreuves en allemand, par exemple 1/3 des matières,
pour tous les élèves, aux différents examens en Alsace. Cela se
pratiquait en Alsace entre 1920 et 1940 au certificat d’étude par
exemple. Faisabilité : Le potentiel linguistique
de l’Alsace, et donc son niveau culturel et économique s’étiole
inexorablement. Incompétences, mauvaise volonté, hypocrisies, conflits
d’intérêts se conjuguent pour brider l’apprentissage de l’allemand
en Alsace. Et cela ne date pas
d’aujourd’hui ! (*) Pour aller de l’avant
il faudra que l’enseignement des langues soit confié à des maîtres
d’ouvrages et maîtres d’œuvres compétents et motivés. Pour le
moins il conviendrait que le contrôle des performances en la matière
soit confié à un organisme indépendant de l’Education nationale, et
des collectivités territoriales qui globalement s’alignent sur la
politique éducative qu’elle propose. In fine ce qui
comptera ce n’est pas combien d’élèves font d’allemand, combien
d’heures ils feront, mais combien maîtrisent cette langue dans toutes
les situations de leur vie, combien la maitrisent
à peu près aussi bien que le français. ..... Jean-Jacques Thuet (*)Décennie après décennie,
le potentiel linguistique régional régresse. Ce que soulignait déjà le
prix Nobel de physique, Alfred
Kastler en 1968 de la façon suivante : «depuis 20 ans,
l’enseignement de l’allemand dans les écoles primaires d’Alsace a
été systématiquement saboté… » .
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Conseil
général / Enseignement bilingue (région) Le
recteur reçu par les élus Le
conseil général du Haut-Rhin a reçu le recteur Armande Le Pellec-Muller
à l’occasion de la dernière commission permanente de l’assemblée
pour évoquer le développement du bilinguisme, et en particulier de
l’enseignement bilingue après la polémique suscitée ces dernières
semaines par le nouveau dispositif qui sera mis en place à la rentrée
2012. Les
conseillers généraux haut-Rhinois ont accueilli le recteur de l’académie
de Strasbourg Armande Le Pellec-Muller venue présenter l’expérimentation
du nouveau dispositif d’enseignement bilingue qui doit être mis en œuvre
à la rentrée 2012. «
Le recteur a souhaité rappeler que sa volonté n’est en rien de démanteler
l’enseignement bilingue, de se désengager financièrement, mais bien
d’explorer de nouvelles pistes pour étendre au plus grand nombre des élèves
l’enseignement bilingue, quelle que soit leur origine sociale », note
le Département en précisant que « la nouvelle démarche pédagogique
telle qu’elle l’a exposée est davantage basée sur le langage oral,
la conversation, plutôt que sur un lexique et des thématiques trop spécialisées
». La
collectivité retient que « le bilinguisme paritaire 12 heures de français,
12 heures d’allemand, ne sera clairement pas remis en cause, en revanche
la voie « extensive » sera expérimentée en passant de trois à huit
heures par semaine afin d’impliquer davantage d’enfants dans la
dynamique bilingue ». Si les membres de l’intergroupe d’opposition « partagent l’analyse sur la situation linguistique en Alsace et les propositions qui ont été faites en la matière, notamment dans l’optique de redévelopper le travail frontalier, ils regrettent la position ferme du recteur cautionnant la baisse des moyens alloués à l’école publique, avec toutes les conséquences qu’elles peuvent avoir sur la qualité de l’enseignement ». DNA 28/07/2011
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Levée
de boucliers contre un bilinguisme au rabais en Alsace Faute
de moyens, l'Éducation nationale va-t-elle proposer en Alsace un
bilinguisme au rabais ? C'est le débat qui agite associations, parents d'élèves,
partis politiques et élus depuis que la recteure d'académie, Armande Le
Pellec-Muller, a dévoilé ses projets pour cette filière
franco-allemande qui existe depuis vingt ans. A la rentrée 2012, elle
entend ouvrir, dans le premier cycle, des sites bilingues expérimentaux.
Le même enseignant y assurera la classe dans les deux langues : huit
heures en allemand, seize heures en français par semaine. Or, depuis 1991, les sites bilingues, de la maternelle au cours
moyen 2, fonctionnent selon le principe " un prof, une langue "
avec un strict équilibre entre français et allemand : deux professeurs
se relaient, assurant la classe en français et en allemand pendant douze
heures chacun. Cette filière dite " paritaire " concerne aujourd'hui
quelque 19 000 élèves (un petit Alsacien sur dix). Elle se prolonge au
collège et au lycée, où le paritarisme n'est plus la règle : seules
quelques matières sont enseignées en allemand. Treize lycées de l'académie
mènent ainsi à un double baccalauréat, appelé Abibac, par contraction
de l'Abitur allemand et du baccalauréat français. Le système est
cofinancé par les collectivités locales. Pour justifier ses projets, Mme Le Pellec-Muller argue qu'elle
veut rendre le bilinguisme plus accessible aux élèves qui ne visent pas
l'Abivac : la filière " 12 -12 " a l'inconvénient de perdre
des élèves en cours de cursus scolaire et de profiter aux classes
sociales les plus favorisées. Le Comité fédéral des associations pour la valorisation de la
langue régionale, qui regroupe les partisans de l'enseignement bilingue
paritaire, rejette l'argument. A l'entendre, la filière perd des élèves
en raison de sa " gestion erratique " par le rectorat,
qui freine les créations de sites, n'assure pas la continuité partout en
collège. Le comité accuse surtout l'administration d'avoir organisé la
pénurie des maîtres en freinant l'embauche d'enseignants d'outre-Rhin. Cette levée de boucliers a quelque peu embarrassé les présidents
(UMP) des trois collectivités partenaires de l'éducation nationale. Reçues
par Philippe Richert, président du conseil régional et ministre délégué
aux collectivités locales, les associations viennent d'obtenir la
promesse que des Assises régionales du bilinguisme seraient organisées
en 2012. Jacques Fortier (Strasbourg, correspondant) Le Monde 28/07/2011
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Communiqué de le Coordination des associations de promotion de la langue et de la culture régionales en Alsace suite à leur rencontre avec les présidents du Conseil régional d'Alsace et du Conseil général
du Bas Rhin le 22 juillet 2011: « Poursuivre
le développement de l’enseignement bilingue paritaire lequel a démontré
sa nécessité et sa réussite » Suite
à la rencontre avec Monsieur Richert, Monsieur Kennel et Madame Schmidiger, la coordination des associations de
promotion de la langue et de la culture régionales en Alsace réaffirme
son opposition aux projets du
rectorat tendant à développer une formule d’enseignement de
l’allemand à raison de 8 heures par semaine. Cette démarche constitue
une menace pour l'enseignement bilingue paritaire 12h/12h. Elles
ont relevé leur accord avec les élus sur les orientations suivantes: 1. l'importance essentielle du fait linguistique pour
Alsace au plan culturel, économique, social et donc éducatif ; 2. la réussite de l'enseignement bilingue paritaire
et son nécessaire développement selon les termes de la convention
quadripartite 2007-2013 ; 3. la nécessité de mieux informer sur les sites
bilingues paritaires tous les parents des enfants dont les enfants vont
entrer en maternelle à l'instar de ce qui se fait déjà dans le Haut
Rhin ; 4. la nécessité urgente d’engager des actions pour
développer la formation et le recrutement d’enseignants germanophones ;
5. la tenue d'assises sur l'enseignement bilingue en
Alsace en 2012 ; 6. la création d'un groupe de travail d'analyse et d'évaluation
(collectivités territoriales- associations, Education nationale) ; 7. un effort particulier pour développer
l'enseignement bilingue paritaire dans les zones rurales notamment sous la
forme d’un recours intensif aux regroupements pédagogiques et en améliorant
le ramassage scolaire. Les
associations poursuivront sans défaillance leur engagement en faveur de
l'allemand, langue régionale de l'Alsace. * APEPA, ELTERN, LEHRER, AEPLAL, ABCM-Zweisprachigkeit, Comité Fédéral des Associations pour la Langue et la Culture Régionales en Alsace et en Moselle, Culture et Bilinguisme d'Alsace et de Moselle/ René Schickele-Gesellschaft. Strasbourg,
le 28/07/2011 |
Gemeinsames
Communiqué / Bekanntmachung
der Verbände und Vereinigungen zur Unterstützung der elsässischen
Sprache und Kultur,
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Compte-rendu de la rencontre du vendredi 9 septembre 2011 au Conseil Général du Haut-Rhin, entre Charles Buttner et la délégation de la coordination des 12 associations alsaciennes, représentée par :
La
coordination s’est entretenue plus d’une heure avec le Président du
Conseil Général du Haut-Rhin au sujet des critiques du Recteur à l’égard
de l’enseignement bilingue paritaire et son projet d’introduire un
enseignement de 8h d’allemand aux élèves de classes élémentaires de
l’Académie de Strasbourg. La coordination lui a réaffirmé sa totale
opposition au projet. COORDINATION DES ASSOCIATIONS POUR LA LANGUE REGIONALE Abcm-Zweisprachigkeit, Aéplal (Asssociation des élus d’Alsace pour la promotion de la langue alsacienne), Apepa, Comité Fédéral des associations pour la langue régionale en Alsace et en Moselle, Culture et Bilinguisme/René Schickele-Gesellschaft, Eltern-Alsace, Heimetsproch un Tradition, Initiative Citoyenne d’Alsace 2010, Junge fer’s Elsässische, Lehrer, Matura, Société des amis de la culture bilingue en Alsace.
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