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Bilinguisme Les chefs de l’exécutif alsacien interpellent le ministre Les présidents des trois collectivités territoriales alsaciennes – Région et conseils généraux – ont adressé, le 25 juillet 2012, une lettre commune au ministre de l’Éducation Vincent Peillon.
Philippe Richert, Guy-Dominique Kennel et Charles Buttner interpellent le ministre sur l’importance du développement de la filière bilingue, tant pour « l’ouverture culturelle » que pour « l’insertion professionnelle ». Ils assortissent leur profession de foi de propositions destinées à « renforcer la filière d’enseignement bilingue ». Leurs préconisations concernent des mesures destinées à pallier « le manque récurrent d’enseignants capables de professer leur matière en allemand ». « Faciliter l’accès aux concours »La première, pour le niveau primaire, consisterait à « faciliter l’accès aux concours pour les locuteurs germanophones natifs présents en Alsace et parlant également le français ». Il s’agirait donc qu’« outre les épreuves de français et d’allemand », on leur permette de passer « des épreuves énoncées simultanément en français et en allemand », afin qu’ils puissent « rédiger ou répondre dans la langue qui leur est la plus familière » : « Le concours deviendrait de fait plus attractif pour les candidats européens d’origine germanophone. » Il s’agit là d’une vieille revendication des associations de promotion du bilinguisme, qui déplorent que la prééminence du français dans les épreuves ait jusqu’ici fait barrage aux locuteurs germanophones, tentés par une carrière dans l’enseignement bilingue en Alsace. La deuxième proposition concerne le niveau secondaire et la création d’un « Capes/Capet [concours du professorat de l’enseignement secondaire général et technique] bivalent associant l’allemand et les disciplines non linguistiques ». Les patrons des trois collectivités font remarquer que ces diplômes « existent déjà dans d’autres langues régionales ». « Des dizaines de milliers d’emplois »Ils rappellent, pour appuyer leur demande, « la considérable dégradation de l’emploi et de l’économie dans notre Région » et le fait que « les pays voisins (Suisse et Allemagne) offrent des dizaines de milliers d’emplois transfrontaliers disponibles ou à venir : des postes actuellement inaccessibles la plupart du temps aux jeunes d’Alsace par suite de déficit linguistique ». Ils terminent leur plaidoyer en soulignant le retard pris, en la matière – « Au rythme actuel, il faudrait plus d’un siècle pour que l’Alsace offre la voie bilingue à parité horaire à tous ses enfants », estiment les chefs de l’exécutif alsacien –, en comparaison avec d’autres régions de France. Et de conclure : « Il devrait être pourtant bien plus aisé de recruter des enseignants germanophones que des maîtres capables de lire, écrire, parler et enseigner en occitan, catalan, basque, corse ou breton. » le 26/07/2012 à 05:03 par Luc Marck "L'Alsace"
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